« Merci à toi, mon frère »: les images exclusives du soutien de Félix Tshisekedi au président de la Fifa Gianni Infantino

Gianni Infantino espère briguer un quatrième mandat à la tête de la Fifa en mars 2027. S’il est contesté par certaines fédérations notamment européennes, l’Italo-suisse peut compter sur le soutien d’une grande partie des fédérations africaines, voire de certains présidents du continent, comme l’atteste un échange téléphonique avec le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, enregistré par TV5MONDE . 

Par TV5MONDE

« On veut te faire payer le fait d’avoir amené beaucoup de pays africains (à la Coupe du monde de football, NDLR), mais l’Afrique a fait honneur. Elle t’a fait honneur et tu as eu raison de choisir ça. Nous sommes de tout cœur avec toi », déclare au téléphone Félix Tshisekedi, le président de la RD Congo, au président de la FIFA, Gianni Infantino.

Cette discussion, à laquelle TV5MONDE a assisté, a eu lieu en marge de la Conférence stratégique de la Confédération africaine de football (CAF), qui s’est déroulée sur l’île de Sal, au Cabo Verde, du 7 au 9 octobre 2026. Cet échange se fait via le téléphone du vice-président de la Fédération de football de la RD Congo, Amadou Diaby.

« On est une famille. On est l’équipe gagnante »

« Merci à toi, mon frère, merci. On est ensemble, on est une famille. On est l’équipe gagnante », a alors répondu le président de la FIFA, ajoutant: « ensemble, on va gagner pour la juste cause, pour l’Afrique, pour le monde ».

Depuis des mois, le patron du football mondial est sous le feu des critiques, notamment pour une gestion financière contestée, mais aussi pour son projet avorté d’ouverture à des investisseurs privés. 

Au mois d’août 2026, il avait annoncé vouloir créer une société extérieure (la Fifa Forward Enterprise, FFE) pour gérer les activités commerciales de l’instance et les tournois comme les Coupes du monde, avec l’arrivée d’investisseurs privés.

Le projet avait finalement été retiré quelques jours plus tard, face à l’opposition de nombreux acteurs du sport, dont la confédération européenne (UEFA), qui avait menacé de boycott tous les événements organisés par la FIFA.

Soutien des fédérations africaines 

À quelques mois des élections qui décideront du prochain dirigeant de la FIFA, qui auront lieu en mars 2027, Gianni Infantino, candidat à sa réélection, peut malgré tout compter sur les fédérations africaines. 

Alors que sa reconduction à la tête de la FIFA est contestée, au Cabo Verde début octobre, le président de la CAF assumait le soutenir coûte que coûte. « Nous avons adopté une résolution, à l’unanimité, affirmant notre soutien à sa candidature pour les prochaines élections. Je vous demande à tous de vous lever. Levez-vous et applaudissons Gianni », scandait Patrice Motsepe.

Le milliardaire sud-africain fait partie de ses soutiens les plus solides. En Afrique, Gianni Infantino ne manque d’ailleurs pas d’alliés, présidents de fédérations, ou présidents tout court, à l’instar du Rwandais Paul Kagame ou encore du Congolais Felix Tshisekedi.

« Le président Gianni a changé le football africain »

À la tête de la FIFA depuis 2016, Gianni Infantino a, au cours de ses trois mandats, voulu développer le football africain: plus d’un milliard de dollars investis sur le continent en 10 ans et deux fois plus d’équipes africaines qualifiées au mondial. 

Un bilan que louait encore récemment sur l’antenne de TV5MONDE son collègue et ami Véron Mosengo-Omba: « Le président Gianni a changé le football africain. Le président Gianni a réalisé ce qu’il avait promis pendant sa campagne. Il y a 54 associations membres qui ont envoyé des lettres de soutien pour dire qu’elles vont voter pour le président Gianni ».Lire la vidéo

Pourtant, ce constat n’est pas unanime. D’autres fédérations ne cachent pas ne pas le partager. « C’est très loin du compte, il n’y a pas les 54 pays africains qui sont derrière le président de la FIFA. Il y a beaucoup de gens qui se posent des questions. J’ai discuté avec des gens, j’ai entendu des commentaires. Donc il ne faut pas vouloir aller trop vite en besogne », lance Claude Le Roy, actuel sélectionneur du pays voisin, la République du Congo.

Côté football européen également, un climat de méfiance à l’égard de l’actuel dirigeant de la FIFA règne. L’UEFA, qui envisage, à plus ou moins long terme, la préparation d’une plainte pénale contre Gianni Infantino en Suisse, demandait son départ, le 8 octobre dernier.

Certains reprochent aussi à l’homme le plus puissant du football son manque de transparence et sa complaisance vis à vis des décideurs africains.

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