Guinée-Bissau : le « faux » putsch et le vrai retour d’EMBALO, coulisses d’une comédie politique 

Dix mois après un prétendu coup d’État dont la mise en scène suscite de plus en plus de doutes au sein de la région, l’ex-président bissau-guinéen Umaro Sissoco EMBALO prépare son grand retour au pays pour le 4 octobre prochain, bien décidé à briguer un nouveau mandat lors de la présidentielle du 6 décembre.

Dans sa livraison de ce mercredi, WalfQuotidien lève le voile sur ce qui ressemble davantage à un arrangement au sommet qu’à une réelle rupture démocratique. Alors que le général Horta N’TAM, ancien directeur de cabinet d’EMBALO propulsé à la tête de la transition, lui ouvre grandes les portes du pays, de lourdes interrogations persistent sur la sincérité du processus électoral à venir.

Un « coup d’État cérémoniel » au service de la continuité

La thèse d’une « combine » politique, déjà dénoncée par des figures régionales comme l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan et l’ancien premier ministre Ousmane SONKO, prend au fil des mois toute sa consistance. Les conditions rocambolesques du renversement de novembre 2025 où le président déchu continuait d’échanger sereinement avec les médias depuis sa prétendue détention, troublent jusqu’aux observateurs les plus avertis.

Sur le terrain, la rupture avec l’ancien ordre politique relève de l’illusion constate le quotidien. La formation du gouvernement de transition en est la preuve manifeste. Des postes stratégiques comme la primature, confié à Ilidio VIEIRA Té, les Finances, la Justice ou la Défense restent occupés par des fidèles du régime EMBALO. Un système taillé sur mesure pour assurer le service après-vente du pouvoir et préparer le terrain au retour du chef.

Ombres sur la CNE et menace de poursuites internationales

Pendant ce temps, la Commission électorale nationale (CNE) demeure sous la coupe des militaires. Le saccage de ses locaux en novembre dernier et la confiscation des procès-verbaux de dépouillement par des hommes armés ont délibérément étouffé la vérité des urnes, alors que les données numériques donnaient la victoire au candidat de l’opposition, Fernando Dias.

Mais le chemin d’Umaro Sissoco EMBALO vers le fauteuil présidentiel pourrait s’avérer plus sinueux que prévu avertit le journal. En plus de la contestation politique, l’ancien chef d’État fait face à la colère de nombreux citoyens et opposants qui réclament désormais des poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI) pour les exactions, tortures et assassinats politiques qui ont émaillé son magistère entre 2019 et 2025.

Liboire SAGNA
WALFADJRI

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