1300 vols annulés, 3 pannes en trois ans… Ce que l’on sait de l’incident qui chamboule le trafic aérien au Royaume-Uni
Une vaste panne a lourdement affecté le trafic aérien au Royaume-Uni mardi 8 septembre. Les perturbations se poursuivent ce mercredi, avec déjà 177 vols et des dizaines de milliers de passagers touchés. Les compagnies aériennes réclament une « révision en profondeur » de l’agence nationale en charge du trafic aérien.
Par Thomas Ladonne – avec agences
« Un cauchemar absolu ». Ce sont les mots d’une voyageuse descendant de son avion à l’aéroport de Londres-Gatwick. Son trajet s’est arrêté en cours de route: elle devait se rendre en Irlande, mais la panne d’ampleur qui a lourdement affecté le trafic aérien britannique ce mardi l’a contrainte à revoir ses plans.
Des dizaines de milliers de passagers ont, comme elle, été affectés par ces vastes perturbations. Pour la seule compagnie Ryanair, 65.000 personnes ont été touchées par l’annulation de 50 vols. Du côté de British Airways, une source citée par le quotidien britannique The Guardian affirme que la compagnie a été obligée “d’annuler ou bifurquer plus de 100 vols mardi après-midi, affectant des dizaines de milliers de clients« .
1300 vols annulés
Au total, sur tous les aéroports touchés, dont notamment l’immense hub aéroportuaire d’Heathrow, ce sont environ 1300 vols qui ont été annulés mardi, selon le site de suivi du trafic aérien Flightradar24. Tôt dans la matinée de ce mercredi, déjà 177 vols se sont également vus être annulés.
« Nous avons mis plus de temps que nous espérions pour nous remettre de la panne de système d’aujourd’hui. Elle est désormais résolue », a annoncé dans la soirée de mardi l’Agence nationale des services de trafic aérien britannique (NATS). L’agence a qualifié la panne de « très complexe », sans entrer dans les détails techniques.
C’est aux alentours de 13h40 que NATS a annoncé qu’ils « enquêtaient sur un problème technique causant des perturbations au décollage ». Ce n’est que trois heures plus tard que l’agence a annoncé avoir résolu le souci. Le directeur exécutif de NATS, Martin Rolfe, s’est excusé publiquement, affirmant sur la chaîne de télévision britannique Sky News que l’agence « assume l’entière responsabilité » de l’incident. « Nous ne souhaitons jamais que ce genre de chose se produise. Je comprends complètement la frustration que cela provoque pour les passagers », a-t-il ajouté.
Cette panne d’ampleur reste, pour l’instant, moins importante que celle de 2023 où tous les vols avaient été immobilisés, affectant 700.000 passagers, et qui avait mené le Parlement britannique à ouvrir une enquête. Toutefois, la panne de ce mardi est marquante, car c’est la troisième qu’accuse NATS en trois ans.
« Il a laissé tomber les voyageurs britanniques »
Un vent de protestations se lève donc contre l’agence. NATS est, depuis 2001, une entreprise reposant sur un partenariat public-privé. Le Royaume-Uni en est propriétaire à 49%, le reste étant réparti entre des acteurs de l’aéronautique. L’influence de l’État est donc de taille et peut agir sur la direction de l’entreprise.
Plusieurs compagnies aériennes réclament donc une « révision en profondeur » de NATS selon The Guardian. Certains vont même jusqu’à demander une mise à pied de Martin Rolfe: « Plus de trois ans après la panne catastrophique du système de NATS en 2023, il est évident que rien n’a changé. […] Il a laissé tomber les voyageurs britanniques », a regretté dans un communiqué Neal McMahon, directeur des opérations de Ryanair.
Le gouvernement devrait « arrêter de s’excuser pour les échecs à répétition de NATS et nommer un dirigeant capable de gérer le système de contrôle du trafic aérien du Royaume-Uni », a-t-il ajouté. La compagnie Wizz Air, de son côté, a pointé du doigt le fait qu’une « infrastructure nationale essentielle ne devrait pas paralyser le système aérien à plusieurs reprises. Dans sa forme actuelle, NATS n’est tout simplement pas adapté à sa mission ».
Le ministre des Transports, Heidi Alexander, a pour le moment répondu qu’il souhaite « s’assurer que les leçons seront tirées et que les systèmes qui soutiennent l’aviation seront à la hauteur ».

