Migrants africains expulsés des États-Unis: une ONG dénonce «le silence» du Cameroun et «interpelle l’UA»
Le Mandela Center International (MCI) dénonce la « traite des migrants déportés des USA vers le Cameroun » et « interpelle l’Union africaine » sur cette « traite des êtres humains ». Selon cette ONG, « 36 personnes originaires de 9 pays africains » au total ont été transférées sur le sol camerounais en vertu « d’un accord litigieux entre Washington et Yaoundé ».
Par :RFI
Au Cameroun, l’organisation de défense des droits humains Mandela Center International (MCI), dans un communiqué daté du 7 septembre 2026, dénonce « le silence complice » des autorités et interpelle l’Union africaine (UA) au sujet des déportations de demandeurs d’asile africains par les États-Unis vers des pays tiers comme le Cameroun.
Selon Jean-Claude Fogno, Secrétaire exécutif permanent du MCI, à ce jour 36 personnes originaires de neuf pays africains (Angola, Éthiopie, Ghana, Kenya, Maroc, RDC, Sénégal, Sierra Leone et Zimbabwe) ont été transférées vers le Cameroun depuis janvier, dans quatre vols distincts – arrivés respectivement les 15 janvier, 16 février, 29 avril, 27 mai – dans le cadre d’un accord passé avec Washington.
« Nous exigeons la poursuite des procédures d’asile »
« Ces personnes n’ont ni document d’identité, ni statut légal clair, et ces personnes sont soumises à des restrictions de déplacement, affirme-t-il au micro d’Amélie Tulet. Et nous sommes d’autant plus inquiets parce que, parmi ces personnes, il y en a cinq qui ont regagné leur pays malgré des risques de tortures, notamment deux femmes marocaines. Il y a également un Sénégalais qui a été obligé de rentrer dans son pays malgré les risques de représailles liés à son homosexualité ».
Il poursuit : « Nous demandons que l’État du Cameroun puisse garantir le non-refoulement et nous insistons également : nous exigeons de l’État du Cameroun la poursuite des procédures d’asile. »
Jean-Claude Fogno souligne également : « Nous avons interpellé l’Union africaine pour qu’elle mette sur pied un mécanisme de suivi de ces déportations et interdise désormais à tous les États africains d’accepter ces migrants venant d’autres continents. Yaoundé ne s’est jamais prononcé jusqu’à ce jour, malgré les différentes correspondances, malgré nos différentes interpellations. »
Le Liberia a récemment rejoint la liste des États africains qui ont accepté ces derniers mois d’accueillir des personnes expulsées des États-Unis, dont la Sierra Leone, la Guinée équatoriale, le Ghana, le Rwanda, le Soudan du Sud, l’Eswatini ou la République démocratique du Congo (RDC).
Ces accords ont souvent été assortis d’un appui financier ou logistique étatsunien.
Certains pays, comme la RDC, ont accueilli sur leur territoire des migrants venus d’autres continents, comme l’Amérique latine.

