Senelec: Habib Sy défend la légalité de sa démission et répond aux critiques de Moustapha Dieng
Après les observations du juriste corporate Moustapha Dieng sur les conditions de sa démission du poste de président du conseil d’administration (PCA) de la Senelec, Habib Sy a apporté des clarifications. L’ancien responsable affirme avoir agi dans le respect des textes en vigueur et conteste l’interprétation juridique avancée par son contradicteur.
Habib Sy contre-attaque après la polémique sur sa démission
La démission de Habib Sy de la présidence du conseil d’administration de la Senelec continue de susciter des réactions dans le milieu juridique et politique. Après la tribune du juriste corporate Moustapha Dieng, qui remettait en cause la procédure suivie, l’ancien PCA a décidé de répondre.
Dans une contribution transmise à la presse, Habib Sy réfute l’idée selon laquelle sa lettre de démission aurait dû être exclusivement adressée au Conseil d’administration de la société nationale d’électricité.
Le débat autour du droit OHADA
Moustapha Dieng avait notamment invoqué les règles du droit commun des sociétés commerciales de l’OHADA, estimant que la démission d’un PCA relève de la compétence du Conseil d’administration.
Habib Sy estime, pour sa part, que cette lecture est incomplète. Il rappelle que l’application de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUSCGIE) doit tenir compte des dispositions particulières concernant certaines sociétés publiques.
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Selon lui, l’article 916 de l’AUSCGIE prévoit que les sociétés soumises à un régime particulier restent régies par les textes spécifiques qui leur sont applicables.
L’ancien PCA de la Senelec évoque également l’article 10 du traité OHADA ainsi qu’un avis rendu en 2016 par la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA), qu’il considère comme confirmant la primauté du droit communautaire tout en laissant aux États une compétence pour organiser certaines structures publiques.
La nomination du PCA également au cœur du désaccord
Un autre point de divergence concerne la nomination du président du conseil d’administration des sociétés publiques.
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Moustapha Dieng estimait que cette prérogative appartient au Conseil d’administration et non au chef de l’État. Habib Sy conteste cette analyse en s’appuyant sur la loi d’orientation n°2022-08 du 19 avril 2022 relative au secteur parapublic, ainsi que sur son décret d’application n°2025-670 du 29 avril 2025.
Pour lui, ces textes donnent au président de la République la compétence de nommer par décret le PCA d’une société publique comme la Senelec.
La question de la confidentialité de la lettre de démission
Habib Sy est également revenu sur la mention « confidentiel » apposée sur sa lettre adressée au président de la République Bassirou Diomaye Faye.
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Il explique que cette notion de confidentialité est clairement encadrée pour les documents liés à la défense nationale et à la sûreté de l’État. En dehors de ces domaines, il estime qu’il existe encore un vide juridique concernant le régime général de confidentialité des documents administratifs.
À travers cette réponse, Habib Sy entend démontrer que sa démarche n’était ni improvisée ni contraire aux règles, mais fondée sur une interprétation des textes qu’il juge conforme au cadre juridique applicable.
Le débat reste ainsi ouvert autour du statut des sociétés publiques, de la place du droit OHADA et des prérogatives de l’État dans la gouvernance des entreprises stratégiques.

