Niger : cinq personnes déchues provisoirement de leur nationalité sur décret d’Abdourahamane Tiani
Au Niger, cinq personnes ont été provisoirement déchues de leur nationalité, sur décret d’Abdourahamane Tiani, à la tete du CNSP au pouvoir. L’annonce a été faite jeudi soir sur la télévision d’État. En deux ans, plus d’une vingtaine de personnes – critiques du pouvoir en place et proches du président renversé Mohamed Bazoum – ont ainsi été déchues de leur nationalité nigérienne.
Par :RFI – Parmi les noms cités, celui d’Ouhoumoudou Mahamadou, ancien Premier ministre sous la présidence de Mohamed Bazoum. Figurent aussi sur la liste des personnes actives sur les réseaux sociaux, voix critiques du pouvoir militaire en place à Niamey et actuellement hors du sol nigérien.
Selon le communiqué, ces cinq personnes sont notamment poursuivies pour diffusion de données de nature à troubler l’ordre public, intelligence avec des puissances étrangères, participation à une entreprise de démoralisation de l’armée et atteinte à la sûreté de l’État.
Plus de 25 personnes déchues de leur nationalité depuis 2024
Depuis la création par le pouvoir nigérien, en 2024, d’un fichier des personnes impliquées dans des actes terroristes ou portant atteinte aux intérêts de la nation, plus de 25 personnes ont été déchues de leur nationalité nigérienne. D’anciens ministres, officiers, activistes, opposants au régime du CNSP, dont Mayra Djibrine, qui préside l’Alliance des Démocrates du Sahel, une coalition d’opposants maliens, nigériens et burkinabè qui plaident pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Ces déchéances de nationalité sont dites provisoires. Selon le texte en vigueur, elles ne deviendraient définitives qu’en cas de condamnation des personnes concernées à une peine d’au moins cinq ans de prison.

