France: des dizaines de milliers d’évacués et des renforts aériens attendus après des incendies dans le Sud-Ouest
Le Sud-Ouest de la France est toujours en proie aux flammes. Depuis mardi 21 juillet, un important incendie, qui s’est déclaré à Saumos, au nord du bassin d’Arcachon, ravage la Gironde. Ce vendredi matin, le feu est toujours hors de contrôle et a parcouru 8 700 hectares en Gironde et 2 500 dans les Landes, provoquant l’évacuation de dizaines de milliers de personnes et poussant la France à solliciter des renforts aériens européens.
Par :RFI
En Gironde, quelque 800 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour lutter contre le feu, d’origine probablement accidentelle, qui a parcouru 8 700 hectares au nord du bassin d’Arcachon, ravivant le spectre des méga-feux de l’été 2022 dans le département.
Dans un communiqué publié à 8h00 (heure française), la préfecture de la Gironde a ordonné vendredi 24 juillet l’évacuation de la presqu’île du Cap-Ferret, très touristique, précisant dans un communiqué que les flammes ont « franchi vers 1h00 la ligne d’appui mise en œuvre par les sapeurs-pompiers » pour tenter de stopper l’avancée du feu et protéger les habitats. Plus de 400 personnes sont déjà arrivées par bateau à la jetée d’Arcachon.
Un pompier en intervention à Lège a été blessé par une explosion, probablement d’une bouteille de gaz.
Des centres d’accueil pour recueillir les sinistrés
Depuis le début de l’incendie, plus de 20 000 personnes avaient été évacuées et dès 4h du matin, un flot continu de voitures prenait la direction de Bordeaux. En tout, une quinzaine de centres d’accueil ont été ouverts pour accueillir les résidents et les touristes. À Bordeaux par exemple, le parc des expositions a ouvert ses portes : un grand hangar, rempli de lits de camp alignés les uns à côté des autres. Jeudi, près de 500 personnes y sont passées pour se restaurer ou prendre une douche. Une centaine y a passé la nuit, explique notre correspondante sur place, Pauline Fragonas.
En dehors des villes, les habitants tentent aussi de venir en aide aux sinistrés et aux pompiers. Certains apportent de l’eau, de la nourriture ou du matériel de première nécessité. Mais la préfète de Gironde, Sophie Brocas, appelle à la prudence et demande aux habitants de ne pas se rendre aux abords de l’incendie afin de ne pas gêner les secours.
Dans les Landes, une situation qui « n’est pas sous contrôle »
Face à une situation « sous très forte tension », le président Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE). Car en parallèle, un autre incendie a été déclenché par un véhicule jeudi après-midi près de Biscarrosse (Landes) et s’est rapidement propagé, parcourant plus de 2 500 hectares jusqu’aux portes de la ville et conduisant à l’évacuation de 23 000 personnes, selon le SDIS des Landes.
Dans son point de 7h00, la préfecture a décrit un feu qui « n’est pas sous contrôle », avec une « situation très évolutive et défavorable ». Quelque 600 sapeurs-pompiers sont mobilisés. Le colonel Romain Moutard, directeur adjoint du Sdis 40, avait décrit jeudi un « feu apocalyptique ». Vendredi matin, il a déclaré à l’AFP redouter une « journée encore plus criante » car « le vent forcit et change de sens ».

