Sécurité sanitaire des aliments : le Comité National du Codex alerte sur le riz de rue
A l’exception des régions de Kaolack et Thiès, seule celle de Dakar a enregistré une non-conformité parmi les prélèvements de riz consommé dans la rue. Selon le Comité National du Codex, 200 échantillons ont été prélevés puis analysés dans les trois régions. Dakar concentre à la fois le plus grand nombre d’échantillons avec 133 prélèvements et l’ensemble des 30 cas de non-conformités relevés. Cette étude sur la surveillance de l’aflatoxine dans le riz au Sénégal, entre dans un programme de renforcement des capacités de réponse aux urgences liées à la sécurité sanitaire des aliments et d’amélioration de la qualité sanitaire de l’alimentation de la rue au Burkina Faso, Mali et au Sénégal.
Le Comité National du Codex du Sénégal en collaboration avec la Fao a procédé hier, mercredi à la restitution des résultats du plan de surveillance de l’aflatoxine dans le riz au Sénégal. Cette étude s’inscrit dans un programme destiné à renforcer les capacités de réponse aux urgences en matière de sécurité sanitaire des aliments et à améliorer la qualité sanitaire de l’alimentation de la rue au Burkina Faso, Mali et au Sénégal. Les analyses réalisées sur 200 échantillons prélevés dans les régions de Dakar, Thiès et Kaolack ont relevé que seuls 30 présentaient une non-conformité.
Selon Professeur Amadou Diop, président du comité national du codex du Sénégal, le pays a depuis 2021, conduit un ensemble de projets ayant pour objectif de renforcer la sécurité sanitaire, le système national de sécurité sanitaire des aliments.
« Le riz est une des denrées alimentaires les plus consommées dans le pays. Il s’agissait de voir à travers ce plan de surveillance dans quelle mesure le riz que nous consommons est contaminé par les aflatoxines. L’étude a été menée dans trois villes pilotes, dont Dakar, Thiès et Kaolack, et a porté sur 200 échantillons de riz mais un peu de mil, prélevés au niveau, soit des restaurants ou il n’était pas disponible à ce niveau, allait le chercher chez le fournisseur lui-même.» a-t-il fait savoir. Et de poursuivre : « l’idée, c’était de voir dans quelle mesure le Sénégalais fréquentant la restauration de riz, est exposé à certains contaminants. Les résultats de ces prélèvements ont renseigné que sur ces 200 échantillons analysés par l’Institut de Technologie Alimentaire qui dispose d’un laboratoire accrédité, 30 étaient contaminés à des niveaux anormaux qui ont dépassé les normes et tous proviennent du riz local ».
Professeur Diop a aussi renseigné que parmi ces 30 échantillons qui représentait 22,6% du total, Dakar avait évidemment le plus grand nombre d’échantillons avec 133 échantillons. Il informe que ces non conformités viennent tous de Dakar. « Sur ces 133 échantillons, les 30 non-conformités provenaient de Dakar. Donc il faut relever également que pour Thies et Kaolack, il n’y avait pas de non-conformité ».
Revenant sur les conséquences de cette consommation, il soutient que l’aflatoxine, est une toxine secrétée par des souches de champignons qu’on appelle aspergillus, qui peuvent contaminer tout ce qui est céréales. Et ces contaminants sont réputés être un facteur de cancérogènes.
« Ils sont suspectés d’être impliqués dans la survenue du cancer, ou bien ils peuvent favoriser le cancer du foie ». Sur les recommandations il a préconisé un plaidoyer au niveau des autorités, pour avoir un système de sécurité centré sur des aliments beaucoup plus performant, mais également qu’on puisse évidemment étendre l’étude pour que ça soit plus représentatif, c’est-à-dire passé de trois pour toucher une grande partie du pays notamment les zones de production. « On a parlé tout à l’heure de la zone nord, qui est une des principales zones productrices de riz au Sénégal, donc il faudra l’étendre. Et ensuite, évaluer surtout le plan stratégique qui a été mis en œuvre depuis 2018, histoire de l’actualiser, mais également d’apporter des recommandations qui permettent d’atteindre nos objectifs en matière de sécurité sanitaire des aliments » a-t-il souligné.
Et d’appeler les consommateurs, à la vigilance par rapport à ce qu’ils consomment, évidemment. « Ce plan de surveillance n’est pas le premier plan, c’est d’ailleurs le second, parce qu’on avait conduit sur les bonnes pratiques d’hygiène, et quand on sait aujourd’hui le fardeau que représentent les malades d’origine alimentaire, 866 millions de personnes qui tombent malades, 1,5 million de détails annuels, donc ça, c’est pour dire aux consommateurs d’être vigilants par rapport à ce que nous mangeons, de respecter les bonnes pratiques d’hygiène, mais également, de prendre les mesures qu’il faut pour pouvoir bien cuisiner ».
Denise Zarour Médang
SUDQUOTIDIEN

