Incendies en France: que cherchent les pyromanes en provoquant des départs de feu?
En France, quatre personnes ont été placées en garde à vue après l’incendie qui a ravagé plus de 2 000 hectares de la forêt de Fontainebleau, au sud de Paris. Deux d’entre elles ont reconnu avoir provoqué un départ de feu. Depuis le début de la saison des incendies, une soixantaine de personnes ont été arrêtées pour avoir déclenché des incendies, et les deux tiers l’auraient fait de façon volontaire. Le profil type des pyromanes interroge, tout comme leurs motivations.
Quelque 950 pompiers appuyés par des moyens aériens ont poursuivi mercredi 15 juillet leur lutte pied à pied contre les incendies, fixés mais pas éteints, qui ont détruit plus de 2 000 hectares de l’emblématique forêt de Fontainebleau, à 60 km de Paris, depuis dimanche 12 juillet.
Mercredi dans la soirée, la procureure de Fontainebleau a annoncé l’inculpation et le placement en détention provisoire d’un pompier volontaire de 18 ans, soupçonné d’avoir provoqué un départ de feu constaté lundi. Il avait d’abord avoué avoir « mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l’essence », avant de revenir mercredi sur ses aveux, selon Diane Ngomsik.
En outre, un quadragénaire suspecté d’avoir voulu provoquer un incendie a été interpellé mardi soir sur un parking près de la forêt de Fontainebleau et placé en garde à vue. Il est soupçonné d’avoir forcé le ruban de balisage pour se garer. De nombreux journaux froissés et un briquet ont été retrouvés dans son véhicule, selon une source policière.
Un trouble du comportement face aux forêts
Si généralement, les incendiaires cherchent à maquiller des preuves, à frauder leur assurance ou à se venger de quelqu’un, ceux qui s’en prennent aux forêts ont des motivations bien différentes.
« Il n’y a pas de motivation utilitaire évidente, c’est plutôt le soulagement d’une tension. Certains auteurs parlent même du soulagement d’un ennui par le feu. On peut retrouver dans l’enfance une fascination pour le feu – –on contrôle quelque chose de dangereux. On a aussi un autre profil semi-accidentel, des personnes pensant contrôler le feu vont en allumer un, et ça va prendre des proportions incroyables », explique Julien Chakiba, psychiatre et expert judiciaire auprès de la Cour d’appel de Bordeaux.
C’est le cas souvent d’enfants ou d’adolescents : plus d’une dizaine de mineurs ont été arrêtés depuis le début de l’été.
La pyromanie ne relève pas de la maladie mentale, s’agissant plutôt d’un trouble du comportement. Leurs auteurs présentent d’ailleurs des traits sociaux et psychologiques communs avec les délinquants classiques. « On retrouve souvent des carences éducatives ou une carence sociale dans l’enfance et l’adolescence. L’autre type de personnalités impulsives sont les personnalités antisociales. Elles sont caractérisées par un mépris généralisé de l’autre. On retrouve une très large proportion d’abus de substances, très souvent d’alcool », ajoute le psychiatre.
Dans la majorité des cas, les incendiaires sont des hommes et, différence notable avec les autres types de délinquants, l’incendiaire récidive plus rarement après avoir purgé sa peine.
SOURCE RFI

