Mali : Anéfis reprise par l’armée et les Russes d’Africa Corps
L’armée malienne, appuyée par les paramilitaires russes d’Africa Corps, a repris le contrôle d’Anéfis dans le nord du pays, a annoncé une source militaire ce vendredi 10 juillet. Les indépendantistes du FLA, à majorité touareg, ont confirmé avoir quitté la ville stratégique.
Des paramilitaires russes de l’Africa Corps et quelques militaires maliens s’étaient retranchés à l’intérieur d’un camp d’Anéfis, depuis le samedi 4 juillet. Ils ont continué les combats et ont été rejoints par des renforts russes et de l’armée, ce jeudi 9 au soir. La ville a finalement été reprise par l’armée malienne ce vendredi, a affirmé à l’Agence France-Presse une source militaire.
Anéfis est une ville stratégique qui se situe à une centaine de kilomètres de Kidal, contrôlée par les indépendantistes et le JNIM. « Je peux vous dire que les troupes maliennes et leurs partenaires d’Africa Corps ont brisé les obstacles et sont venus à Anéfis en renfort à nos troupes qui était sur place », a indiqué la source militaire malienne.
« À 95% les adversaires étaient les Russes »
Parti de la grande ville de Gao, le convoi de dizaines de véhicules, appuyé par un soutien aérien, a pu arriver à Anéfis malgré les attaques de la coalition FLA / JNIM sur le trajet.
« Nous avons décidé de quitter Anéfis par stratégie et pour éviter des pertes civiles », a confirmé à l’AFP le porte-parole du FLA Mohamed Elmaouloud Ramadane. « Ils ont fait venir du renfort de l’extérieur du Mali. À 95% les adversaires étaient les Russes. Les 5% (restants) étaient des milices du nord et l’armée malienne », affirme le porte-parole qui revendique la mort d’un colonel de l’armée.
Plus tôt cette semaine, les autorités maliennes, qui font face à de multiples attaques dans ce vaste pays sahélien difficile à contrôler, ont reçu « du matériel » à destination du Nord venu à bord d’un « avion militaire », selon une source aéroportuaire.Lire la vidéo
Les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affiliés à Al-Qaïda, et les indépendantistes du FLA (Front de libération de l’Azawad), majoritairement touareg, ont mené de nouvelles attaques coordonnées du nord au sud du pays le samedi 4 juillet. Ils ont revendiqué le contrôle de la ville d’Anéfis.
Lors d’une vaste offensive de la coalition du FLA et du JNIM fin avril, les indépendantistes touareg ont repris le contrôle de la ville stratégique de Kidal (nord), un camouflet pour le pouvoir central.
Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés aux organisations jihadistes Al-Qaïda et État islamique, ainsi que de groupes criminels communautaires et de mouvements touaregs indépendantistes. Elle s’ajoute à une grave crise économique.
Depuis deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, le vaste pays désertique est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir sur la promesse de rétablir la sécurité et de conserver son intégrité territoriale.

