Après le Niger, le Mali et le Burkina Faso demandent officiellement à se retirer de la Cour pénale internationale
Le Mali et le Burkina Faso ont officiellement demandé leur retrait de la Cour pénale internationale, le 24 juin dernier. Ces annonces suivent celle du Niger formulée la veille. L’instance de direction de la Cour pénale internationale a exprimé ce mercredi 1er juillet son inquiétude face à ces retraits.
Par TV5MONDE avec AFP
Après le Niger, c’est au tour du Mali et du Burkina Faso de déposer officiellement leur demande de retrait de la Cour pénale internationale (CPI). C’est par deux lettres officielles distinctes, datées du mercredi 24 juin, que le Mali et le Burkina Faso ont formulé leur souhait.
« Avec le temps, le Gouvernement de la République du Mali constate (…) que la distribution d’une justice pénale internationale équitable, essentielle à la réalisation des aspirations légitimes qui ont motivé la création de la CPI, est régulièrement entravée par l’instrumentalisation de la Cour, à des fins politiques », peut-on lire dans le document officiel malien mis en ligne.
Côté burkinabé, l’argumentation est proche: « Au fil du temps, la Cour s’est progressivement éloignée de ses idéaux fondateurs, devenant un outil sélectif et politisé, au détriment de l’impartialité et de l’objectivité qui étaient censées la caractériser« , est-il écrit dans la lettre officielle.
Le Mali était devenu État membre de la CPI en août 2000 et le Burkina Faso en avril 2004. La veille, le mardi 23 juin, le Niger annonçait lui aussi se retirer officiellement de l’instance internationale, près d’un an après l’avoir annoncé avec ses alliés du Mali et du Burkina Faso, a indiqué l’institution. Bien que leurs demandes respectives aient été formulées en ce mois de juin 2026, il est précisé sur les documents que, conformément à l’article 121 de l’institution, le retrait définitif est effectif un an après la demande réalisée.
Un « instrument de répression néo-coloniale aux mains de l’impérialisme »
« Bien que l’adhésion à un traité ou le retrait de celui-ci demeure un droit souverain des États en droit international, nous regrettons toute décision de se soustraire à l’effort collectif visant à mettre fin à l’impunité pour les crimes internationaux les plus graves », ajoute la Cour.
Ces trois pays sahéliens, dirigés par des gouvernements militaires arrivés au pouvoir par des coups d’États entre 2020 et 2023, revendiquent une politique souverainiste et ont tourné le dos à l’Occident. Tous trois forment l’Alliance des États du Sahel (AES).
En septembre 2025, ils avaient annoncé conjointement leur retrait de la CPI, la qualifiant d’« instrument de répression néo-coloniale aux mains de l’impérialisme ». Dans un communiqué transmis mardi à l’Agence France-Presse, la CPI dit avoir reçu le 18 juin une notification de demande de sortie de l’institution de la part du Niger, dirigé par le général Abdourahamane Tiani.
Fondée en 2002, la Cour pénale internationale a pour mission de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves commis dans le monde, lorsque les pays n’ont pas la volonté ou la capacité de le faire eux-mêmes. L’institution comptait jusqu’à présent 125 membres. Les États-Unis et la Russie n’en font pas partie, ni Israël, la Chine ou la Birmanie.
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Elle essuie régulièrement des critiques, notamment dans les pays africains où elle est accusée de poursuivre majoritairement des personnalités du continent. Les trois pays de l’AES sont confrontés à des violences meurtrières des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et l’État islamique, mais leurs armées sont également accusées de crimes contre des civils.

