Niger : l’aéroport international de Niamey visé par des tirs, la piste djihadiste évoquée

Pour la deuxième fois cette année, des tirs ont été entendus à l’entrée de l’aéroport international de Niamey au Niger, ce jeudi 18 juin 2026. Une précédente attaque djihadiste avait eu lieu fin janvier. 

Des tirs ont été entendus à l’aéroport international de la capitale nigérienne Niamey, dans la matinée de ce jeudi 18 juin. « J’ai entendu les premiers coups de feu à 06h00 (05H00 GMT). Les tirs proviennent de la grande porte d’entrée de l’aéroport », a indiqué à l’AFP un riverain joint par téléphone, évoquant « une attaque terroriste »

Vers 08H00 (07H00 GMT) les coups de feu se poursuivaient selon cette source, tandis qu’un autre habitant de la zone a confirmé que les tirs venaient de l’entrée principale de l’aéroport, au niveau d’un poste de contrôle et de fouille. Le Niger est dirigé depuis près de trois ans par un pouvoir militaire qui peine à endiguer les violences djihadistes qui frappent le pays. 

Selon des informations de RFI, des assaillants ont réussi à accéder à la zone aéroportuaire et la zone restait bouclée alors que les tirs se poursuivaient dans la matinée. Les forces de défense et de sécurité du Niger sont en alerte maximale. Sur les réseaux sociaux, des publications évoquent des tirs à l’arme lourde et indiquent que la zone de l’aéroport était bouclée par un fort dispositif sécuritaire, jeudi matin.

Une précédente attaque fin janvier

Fin janvier, l’aéroport de Niamey ainsi que la base militaire attenante avaient été pris pour cibles pendant plusieurs heures par une attaque d’ampleur revendiquée par le groupe État islamique. L’attaque avait été repoussée par l’armée nigérienne et ses partenaires russes. Elle avait fait selon les autorités quatre blessés et de nombreux dégâts matériels. Lire la vidéo

Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu d’un coup d’État en juillet 2023, avait évoqué « une faille dans le dispositif » qui « a permis l’attaque », dont « l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes » de l’armée. Ces dernières semaines, le régime avait lancé une grande campagne de destructions de quartiers autour de l’aéroport pour se protéger du « risque terroriste ». D’autres mesures de sécurité ont été prises: à l’aéroport, le mur de clôture a été rallongé et plus de 350 caméras ont été installées à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte. 

Le régime militaire nigérien fait face aux jihadistes depuis le milieu des années 2010, comme ses voisins le Burkina Faso et le Mali, et peine à inverser la tendance face à l’organisation État islamique ou au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) qui mènent des attaques de plus en plus organisées. En avril, le JNIM avait durement frappé le Mali voisin. Niamey a choisi de tourner le dos à son partenaire historique, l’ex-puissance coloniale française, qu’il accuse même régulièrement d’être le « sponsor » des djihadistes, ce que Paris réfute. Il s’est tourné vers des partenaires qu’il juge plus « sincères »: la Russie, la Turquie ou l’Iran par exemple. 

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