Patrimoine mondial de l’Unesco : L’Afrique se mobilise pour corriger un «déséquilibre» historique

Réunis à Dakar jusqu’au 19 juin, les Etats africains membres du Comité du patrimoine mondial préparent la prochaine session de l’Unesco prévue en Corée du Sud. Face à une double réalité flagrante -la sous-représentation des sites du continent sur la liste principale et leur surreprésentation sur celle des biens en péril-, experts et autorités cherchent à lever les verrous techniques et financiers pour inverser la tendance.

Les biens africains demeurent largement sous-représentés sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ce constat alarmant a été partagé par l’ambassadeur Pierre Faye, Délégué permanent du Sénégal auprès de l’institution, lors de l’ouverture hier à Dakar de la rencontre préparatoire des Etats africains membres du comité. Ce rendez-vous, qui se tient jusqu’au 19 juin, sert de prélude à la 48e session du Comité du patrimoine mondial, prévue du 19 au 29 juillet 2026 à Busan, en République de Corée. «Neuvième du genre, cette rencontre de Dakar s’inscrit dans le sillage des efforts entrepris depuis 2016 pour corriger le déséquilibre qui frappe la liste du patrimoine mondial vis-à-vis du continent africain. En effet, sur les 1248 biens inscrits, l’Afrique n’en compte qu’environ 112», a précisé l’ambassadeur Pierre Faye.

Le paradoxe ne s’arrête pas là : sur les 53 biens mondiaux classés «en péril», 13 se trouvent sur le continent. Dans ce cas précis, le diplomate estime que les biens africains y sont, à l’inverse, surreprésentés. «Ainsi, l’Afrique est sous-représentée sur la liste du patrimoine mondial et surreprésentée sur celle du patrimoine en péril. Or, au-delà de ces chiffres, il s’agit avant tout de reconnaître la qualité des sites, des monuments, des forêts et des paysages qui caractérisent la richesse africaine», a-t-il poursuivi.

Pour le Délégué permanent, cette situation ne traduit en rien une absence de biens dotés d’une «valeur universelle exceptionnelle» en Afrique. Elle s’explique plutôt par les barrières techniques et financières auxquelles se heurtent les pays du continent dans la mise en œuvre de la Con­ven­tion de 1972 de l’Unes­co relative à la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel.

Venu présider les travaux, le nouveau ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, Alpha Thiam, a lui aussi déploré cette part encore insuffisante du continent. Il a toutefois assuré les participants du soutien et de l’accompagnement indéfectibles des autorités sénégalaises pour inverser la tendance. Le ministre a conclu en saluant l’engagement des experts présents, soulignant l’urgence de consolider les acquis et de perfectionner les dossiers de candidature, afin de garantir une transmission harmonieuse de ce patrimoine aux générations futures.

Par Amadou MBODJI – [email protected]

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