L’Iran, l’équipe « la plus maltraitée » du Mondial selon son sélectionneur
L’entraîneur iranien Amir Ghalenoei a déclaré lundi que son équipe était « maltraitée » en raison de changements à la dernière minute dans les horaires de voyage, dus aux tensions entre l’Iran et les États-Unis. D’après lui, ces mauvaises conditions ont affecté les performances de ses joueurs qui n’ont récolté qu’un match nul 2-2 contre la Nouvelle-Zélande.
Après des mois d’incertitudes, l’Iran a bel et bien débuté, lundi 15 juin, à Los Angeles sa Coupe du monde et ce, par un nul 2-2 contre la Nouvelle-Zélande dans un match marqué par la géopolitique et la bataille des symboles.
Le sélectionneur de l’équipe iranienne de football a déclaré avoir reçu l’ordre de quitter les États-Unis et de regagner son camp d’entraînement au Mexique quelques heures seulement après cette rencontre.
Amir Ghalenoei n’a pas précisé qui avait donné cet ordre. L’équipe s’attendait à passer la nuit en Californie pour optimiser sa récupération après son premier match, mais on lui a annoncé après le match que tous les joueurs devaient immédiatement prendre l’avion pour un trajet de 225 kilomètres jusqu’à Tijuana.
« Ils ne nous ont même pas laissé le temps de récupérer », a expliqué Amir Ghalenoei par l’intermédiaire d’un interprète. « Après le match d’aujourd’hui, ils nous ont dit : ‘Vous devez partir immédiatement.’ Il est très important pour nous d’avoir le temps de récupérer, mais on nous demande de prendre l’avion et de retourner à notre camp d’entraînement à Tijuana, et cela nous inquiète beaucoup. »
Le visa américain de l’attaquant iranien Mehdi Torabi a par ailleurs expiré après son entrée aux Etats-Unis selon l’agence de presse officielle iranienne Irna. Si tous les autres joueurs ont reçu avant la compétition « des visas leur permettant d’entrer et de ressortir des États-Unis à plusieurs reprises, celui de Torabi n’était valable que pour une seule entrée », a rapporté mardi Irna.
La Fédération « a entamé des démarches pour obtenir un nouveau visa, afin qu’il puisse accompagner l’équipe nationale pour ses prochains matches », poursuit l’agence. Les États-Unis et les organisateurs du tournoi n’ont pas réagi dans l’immédiat.
Irna a également indiqué que le capitaine Mehdi Taremi et un membre du staff avaient rencontré des difficultés à l’aéroport de Los Angeles, au moment de leur départ.
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Un parcours mouvementé
Le parcours de l’équipe iranienne en Coupe du Monde a été bouleversé depuis le début de la guerre avec les États-Unis et Israël le 28 février. L’Iran a finalement décidé de participer à la compétition malgré le refus de la FIFA de délocaliser ses trois matchs de phase de groupes hors des États-Unis.
Le capitaine iranien, Mehdi Taremi, a déclaré que l’équipe avait enduré cinq heures de voyage et de contrôles de sécurité lors de ce qui est normalement un court trajet entre Tijuana et la région de Los Angeles, dimanche.
« Honnêtement, on ne sait pas pourquoi ils nous renvoient », a affirmé le sélectionneur. « Je trouve ça très étrange. On dirait que d’autres s’occupent de tout pour nous. Les décisions nous concernant sont prises ailleurs. On était censés arriver deux nuits avant le match, rester cette nuit pour récupérer et revenir demain midi. On n’en a aucune idée ».
« Je pense que notre équipe est peut-être la plus maltraitée de toute la Coupe du Monde », a-t-il insisté.
Mehdi Taremi et Amir Ghalenoei ont tous deux déploré l’absence de nombreux membres importants du staff de l’équipe, notamment le président de la fédération iranienne de football, des membres de l’encadrement technique et des responsables des médias, qui se sont vu refuser un visa par les États-Unis, ce qui complique encore davantage la préparation de l’équipe.
« Nous devons quitter Los Angeles immédiatement, et ce n’est pas bon pour nous », a déclaré le capitaine environ une heure après le match. « Je pense que la FIFA doit nous aider davantage. […] C’est un véritable désastre pour nous ».
Le sélectionneur a déclaré que plusieurs joueurs avaient souffert de crampes pendant le match, qui s’est déroulé dans des conditions météorologiques clémentes. Il a attribué ces blessures au manque de temps de préparation adéquat, dû aux obstacles bureaucratiques et diplomatiques de l’Iran.
« Avant le match, j’ai dit que nous n’avions pas eu le temps de nous adapter en raison du voyage », a-t-il précisé. « Beaucoup de nos joueurs ont eu des crampes, et c’est pourquoi nous avons dû les remplacer. Ce n’étaient donc pas des changements pour des raisons techniques. C’était dû à une blessure et à des crampes. Elles seront examinées mardi par notre staff technique, mais le fait qu’elles aient retardé notre arrivée et qu’elles nous obligent à rentrer prématurément sans temps de récupération complique la situation ».
Une ambiance des grands soirs
L’Iran a concédé un match nul décevant face à une équipe classée 65 places derrière au classement FIFA. Pourtant, les Iraniens ont également surmonté deux déficits dans un match palpitant, arrachant l’égalisation par Mohammad Mohebi à la 64e minute devant un public majoritairement pro-iranien au SoFi Stadium, près de Los Angeles, ville qui abrite la plus grande communauté iranienne hors d’Iran.
La rencontre s’est déroulée dans une ambiance survoltée. L’atmosphère était en partie créée par une base de fans diasporique partagée, toujours furieuse contre le gouvernement iranien actuel, mais qui reste majoritairement fidèle à l’équipe nationale iranienne.
Tandis que plusieurs centaines d’Américains d’origine iranienne manifestaient contre le gouvernement à l’extérieur du stade, de nombreux fans de la diaspora ont hué et tourné le dos au terrain pendant l’hymne national. Des dizaines d’emblèmes du lion et du soleil – au centre du stade – étaient visibles.
Des morceaux du drapeau officiel iranien d’avant 1979 étaient brandis dans les tribunes malgré les tentatives de la FIFA pour les interdire, tandis que des dizaines d’autres supporters arboraient les emblèmes du Lion et du Soleil sur des T-shirts.
Pourtant, la grande majorité du public a bruyamment soutenu les joueurs iraniens dès le coup d’envoi. « L’ambiance était incroyable pendant tout le match, pendant les 90 minutes », a raconté le capitaine Taremi. « On se sentait comme à la maison. »
Un résultat décevant
Sur la pelouse, l’équipe d’Iran a été refroidie par l’ouverture rapide du score par la Nouvelle-Zélande, la faute à une défense trop passive face à un habile jeu à trois entre Chris Wood, Sarpret Singh, et le buteur Elijah Just (7e).
Supérieure techniquement, la Team Melli a regretté le poteau trouvé par son attaquant vedette Mehdi Taremi (23e) mais fait rugir le stade sur l’égalisation de près de Ramin Rezaeian (32e), grâce à un duel gagné par Shahriyar Moghanloo dans la surface.
Les Iraniens ont même cru prendre l’avantage juste avant la pause, mais Ali Nemati était hors jeu avant son coup de tête (45+5). La Team Melli a été surprise en transition par le même trio offensif kiwi, Singh pour Wood qui a pu remettre à Just, auteur d’un doublé (54e), avant de réagir dix minutes plus tard d’un joli coup de tête de Mohammad Mohebbi, trouvé par un centre de Rezaeian (64e).
L’Iran, qui espère franchir la phase de poules pour la première fois de son histoire, jouera de nouveau à Los Angeles le 21 juin contre la Belgique, puis face à l’Égypte le 26 juin à Seattle.
Avec AFP, Reuters et AP

