Accusée de xénophobie, l’Afrique du Sud propose un dialogue continental sur les migrations
Le continent africain s’insurge de plus en plus contre les violences xénophobes en Afrique du Sud. Certains pays pointent du doigt le manque de réaction du gouvernement sud-africain, alors que ces violences ont fait plusieurs morts et des dizaines de milliers de déplacés. Une situation qui frôle la crise humanitaire. Dans ce contexte, Pretoria tente surtout d’éviter les tensions diplomatiques et propose donc un grand dialogue continental sur la migration.
Par :RFI – Avec notre correspondant à Johannesburg, Valentin Hugues
Malgré la mort de plusieurs ressortissants étrangers, l’Afrique du Sud s’est toujours refusée à parler de « xénophobie » et persiste à dire que les événements en cours appellent plutôt à une réflexion continentale sur la migration.
Pretoria souhaite donc que l’Union africaine encourage une conférence panafricaine sur le sujet pour « discuter des causes profondes du sentiment antimigrant et développer une approche continentale collective », écrit le département des Relations internationales.
Une proposition qui n’est pas très surprenante car cette nouvelle flambée xénophobe a déjà tendu les relations avec plusieurs pays, comme le Ghana ou le Nigeria. La nation arc-en-ciel ne veut donc pas que le continent débatte seulement de la situation sud-africaine, ce qui reviendrait à prendre un pays pour cible, selon le ministre des Affaires étrangères sud-africain.
Cette proposition de grand dialogue continental sur la migration a donc aussi une dimension diplomatique : l’Afrique du Sud cherche à élargir le débat à l’ensemble du continent pour éviter d’être le seul pays à être pointé du doigt.

