ALPHA THIAM À KEER BIRAGO-Les écrivains plaident, le ministre promet d’agir

En visite de courtoisie au siège de l’Association des écrivains du Sénégal, le nouveau ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a écouté les préoccupations du monde littéraire et réaffirmé sa volonté de bâtir une politique culturelle concertée.

Le nouveau ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Alpha Thiam, a effectué une visite de courtoisie à Keer Birago, siège emblématique de l’Association des écrivains du Sénégal. Elle a été l’occasion d’un dialogue franc entre les représentants du monde des lettres et les nouvelles autorités en charge de la politique culturelle nationale.

Les échanges ont rapidement pris une dimension à la fois mémorielle et prospective. Prenant la parole devant ses hôtes, Alpha Thiam a d’abord exprimé son émotion et son admiration pour ce lieu qu’il a qualifié de « porteur de mémoire », de « passeur d’idées » et de « lieu de transmission de savoirs et de compétences ».

Il a rappelé que sa nomination s’inscrivait dans le cadre de la vision politique définie par le Président de la République. « Le Sénégal est notre pays que nous partageons tous, sans distinction de race, d’ethnie ou d’appartenance. Nous avons une conviction intime que vous êtes ce fil, cette aiguille capable encore de nous accompagner pour recoudre et être véritablement ce ciment attendu de vous, mais également attendu de nous », a-t-il souligné.

Pour le ministre, les écrivains demeurent des acteurs essentiels dans la consolidation du vivre-ensemble, de la citoyenneté et de la cohésion sociale. À travers leurs œuvres, leurs analyses et leurs engagements, ils participent activement à la construction de la conscience collective nationale.

Difficultés des écrivains

Les représentants de l’Association des écrivains du Sénégal n’ont d’ailleurs pas manqué de rappeler certaines des difficultés auxquelles ils sont confrontés. Parmi les préoccupations évoquées figurent notamment l’absence de subventions depuis plusieurs années, les difficultés de fonctionnement de Keer Birago, le faible accompagnement institutionnel des activités littéraires et la place insuffisante accordée aux langues nationales dans les stratégies culturelles du pays.

Face à ces préoccupations, le ministre s’est voulu rassurant. « Vos messages ont été entendus, ont été très bien entendus. Vos demandes, suggestions et plaidoyers seront pris en compte », a-t-il affirmé. Sans promettre de solutions immédiates, Alpha Thiam a néanmoins assuré que son département travaillera à identifier les priorités et à apporter progressivement des réponses concrètes.

Il en a profité pour esquisser les grandes lignes de sa méthode de travail. Une méthode fondée sur l’écoute, la concertation et la co-construction avec les acteurs culturels. « Écouter, co-construire, ensuite agir avec vous, puis s’asseoir à quelques moments pour évaluer ce que nous avons fait », a-t-il expliqué.

Selon lui, la création de ce grand département ministériel constitue une opportunité historique de mieux articuler ces trois secteurs complémentaires. « Il y a trois secteurs réunis : culture, artisanat et tourisme. Une seule et même feuille de route », a-t-il affirmé.

Cette vision s’inscrit dans la perspective du référentiel Sénégal 2050 qui accorde une place importante aux industries culturelles et créatives comme moteur de développement économique et social.

À l’issue de la rencontre, le président de l’Association des écrivains du Sénégal, Abdoulaye Fodé Ndione, a salué l’initiative du ministre. Selon lui, cette visite revêt une importance particulière parce qu’elle n’a pas été sollicitée par l’association. « Nous n’avons pas été demandeurs. C’est lui qui est venu vers nous. Donc cela signifie beaucoup de choses », a-t-il déclaré.

Pour le président des écrivains, ce geste témoigne d’une volonté de rapprochement avec les acteurs culturels et d’une reconnaissance du rôle joué par l’institution dans la vie intellectuelle nationale. Abdoulaye Fodé Ndione a rappelé que Keer Birago a toujours entretenu des relations privilégiées avec les autorités de l’État et qu’il est de tradition que les nouveaux ministres de la Culture viennent y échanger avec les écrivains.

L’entretien privé entre le ministre et le président de l’association a justement permis d’aborder les questions plus spécifiques liées au fonctionnement de Keer Birago. « Nous avons espoir quand même parce que le discours qu’il a tenu ici, les mots qu’il a prononcés, nous permettent d’espérer que beaucoup de choses pourront prendre forme et être dépassées », a-t-il déclaré.

Cette visite de courtoisie apparaît ainsi comme un premier jalon dans les relations entre le nouveau ministre de la Culture et le monde des lettres sénégalaises.

Fatou Ba

Section: 

culture

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