Crise ouverte au Parti socialiste : la guerre des héritiers fait voler en éclats la Maison Léopold Sédar Senghor
Le Parti socialiste (PS) traverse l’une des périodes les plus tumultueuses de son histoire récente. Ce qui devait être une importante étape dans le processus de relance de la formation politique s’est transformé, samedi, en une scène de violences et de profondes divisions au siège du parti. Selon L’Observateur, l’assemblée générale des secrétaires généraux de coordination convoquée à la Maison Léopold Sédar Senghor a été annulée après de violents affrontements entre militants de camps opposés.
Derrière ces incidents spectaculaires se cache une lutte de pouvoir qui secoue depuis plusieurs années l’ancien parti au pouvoir. Une bataille qui oppose aujourd’hui la direction conduite par Aminata Mbengue Ndiaye au courant contestataire « Dundal PS », animé notamment par Alioune Ndoye et Serigne Mbaye Thiam.
Selon L’Observateur, les tensions étaient perceptibles depuis plusieurs jours. Deux jours avant la rencontre, l’Union régionale socialiste de Dakar avait déjà alerté sur des appels à la violence et dénoncé des comportements jugés incompatibles avec les principes et les valeurs historiques du parti fondé par Léopold Sédar Senghor.
Les craintes se sont matérialisées samedi lorsque certains responsables, parmi lesquels Alioune Ndoye et Serigne Mbaye Thiam, se seraient vu refuser l’accès à la salle devant accueillir la réunion. Une décision qui aurait immédiatement déclenché une vive altercation entre militants.
Très rapidement, les échanges verbaux ont dégénéré. Toujours selon L’Observateur, des jets de pierres, des bousculades, l’utilisation de gaz lacrymogènes ainsi que des dégâts matériels ont transformé le siège du Parti socialiste en véritable champ de confrontation.
Face à cette situation devenue incontrôlable, les organisateurs ont finalement pris la décision d’annuler l’assemblée générale.
Au-delà des incidents, ces événements traduisent une fracture politique devenue profonde au sein du PS. Depuis la disparition d’Ousmane Tanor Dieng et l’arrivée d’Aminata Mbengue Ndiaye à la tête du parti à titre intérimaire, les divergences sur l’avenir de la formation n’ont cessé de s’accentuer.
La direction actuelle défend le processus de relance engagé à travers une commission chargée de préparer le renouvellement des instances. En face, les responsables de « Dundal PS » dénoncent ce qu’ils considèrent comme une confiscation de la démocratie interne et une marginalisation de certaines sensibilités du parti.
Dans les colonnes de L’Observateur, le porte-parole du PS, Abdoulaye Wilane, a reconnu l’existence de divergences tout en appelant à un débat apaisé. Selon lui, l’assemblée générale devait permettre de faire le point sur les travaux de la commission de relance et de dégager une feuille de route claire devant conduire à un congrès extraordinaire.
De leur côté, les leaders de « Dundal PS » estiment que la direction actuelle contourne les instances statutaires du parti. Dans un manifeste récemment publié, ils accusent certains responsables de chercher à imposer leurs choix en dehors des mécanismes démocratiques internes.
Alors que les positions semblent de plus en plus irréconciliables, les incidents de samedi apparaissent comme le symptôme d’une crise plus profonde. Une crise qui pose désormais la question de l’avenir du Parti socialiste et de la préservation de l’héritage politique légué par Léopold Sédar Senghor.
Plus que jamais, le PS se trouve à la croisée des chemins, entre risque d’implosion et nécessité de trouver un consensus pour préserver son unité.
DAKARACTU

