Nouveau Gouvernement: Des syndicats d’enseignants insistent sur le dialogue et le respect des accords

Interrogés sur leurs attentes par rapport au nouveau gouvernement, des syndicats du secteur de l’éducation se réjouissent de la reconduction du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy. Ils insistent sur la poursuite du dialogue social et la mise en œuvre effective des accords signés avec l’État. 

Dans un secteur marqué par plusieurs mois de tension ayant abouti à la signature d’un protocole d’accord en avril dernier entre l’État et les syndicats d’enseignants, les responsables syndicaux du secteur voient la reconduction de Moustapha Guirassy à la tête du ministère de l’Éducation nationale comme un gage de stabilité et de continuité. Ils restent toutefois attentifs à la concrétisation des engagements pris par les pouvoirs publics.

Pour le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), Amidou Diédhiou, la stabilité institutionnelle demeure une condition essentielle au bon fonctionnement de l’administration. Selon lui, chaque remaniement ministériel entraîne généralement des ralentissements dans le traitement des dossiers administratifs liés à la carrière des enseignants. C’est pourquoi il se félicite du maintien de M. Guirassy à la tête du département de l’Éducation nationale. M. Diédhiou estime que le ministre s’est distingué par son ouverture au dialogue, sa connaissance du système éducatif et son implication dans la recherche de solutions aux préoccupations du secteur. Il rappelle qu’avec lui, plusieurs chantiers importants ont été engagés, notamment le règlement du passif social et le processus de refondation du système éducatif sénégalais. Pour Amidou Diédhiou, sa reconduction rassure les acteurs du système éducatif et garantit la poursuite des réformes déjà amorcées. Il plaide aussi pour la poursuite du dialogue afin de définir une feuille de route claire pour le suivi des accords conclus récemment avec le gouvernement. Du côté du Cadre unitaire des syndicats du moyen secondaire (Cusems), le secrétaire général, Aliou Diouf, considère que le secteur de l’éducation a besoin de stabilité pour mener à bien les réformes en cours. Au-delà de la reconduction d’un ministre, il estime que le Sénégal doit bâtir un large consensus national autour des questions éducatives. Selon lui, les réformes profondes nécessitent du temps et ne devraient pas être remises en cause à chaque alternance politique. Il insiste sur le respect des accords et la concertation. Pour lui, aucune réforme curriculaire ne peut réussir sans la participation active des enseignants chargés de sa mise en œuvre sur le terrain.

Concernant la nomination de Mamadou Lamine Dianté au ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, il rappelle que celui-ci connaît parfaitement les engagements pris avec les syndicats pour avoir participé à la signature du protocole d’accord en tant que président du Haut conseil du dialogue social. Tout en réaffirmant le principe de continuité de l’État, il insiste sur la nécessité de respecter les échéances prévues dans les accords conclus avec les enseignants. À l’Union démocratique des enseignants du Sénégal (Uden), le secrétaire général Papa Abdoulaye Diallo adopte une posture à la fois prudente et vigilante. Il estime que l’heure est désormais au travail et aux réponses concrètes face aux préoccupations des populations et des travailleurs. M. Diallo rappelle que les syndicats d’enseignants attendent avant tout la matérialisation des engagements pris dans le protocole d’accord signé avec le gouvernement.

Daouda DIOUF

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *