Marché de bracelets électroniques : Le Pjf ouvre une enquête sur 11 milliards
Suite à la découverte de multiples irrégularités dans la passation et l’exécution des marchés publics liés aux bracelets électroniques entre 2020 et 2023, le Parquet financier de Dakar a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire. Portant sur un montant colossal de plus de 11 milliards de francs Cfa, l’affaire est désormais entre les mains du Pool judiciaire financier pour des infractions graves allant du détournement de deniers publics au blanchiment de capitaux.
Par Justin GOMIS – Le dossier de l’acquisition des bracelets électroniques par l’Etat du Sénégal entre dans une phase judiciaire active et hautement sensible. Par le biais d’un communiqué officiel daté du 1er juin 2026, le procureur de la République financier a annoncé le passage à la vitesse supérieure dans ce qui s’annonce comme l’un des plus gros scandales financiers de ces dernières années.
L’origine de cette affaire remonte au 24 octobre 2024, date à laquelle le Parquet financier avait ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire. Les investigations ciblaient des contrats de marchés publics signés entre le 22 octobre 2020 et le 6 juillet 2023, destinés à moderniser le système judiciaire par l’introduction de la surveillance électronique. Le montant global alloué à ces opérations donne le vertige : 11 178 602 018 francs Cfa.
De lourdes irrégularités confirmées
Les investigations approfondies menées par les services compétents ont confirmé les soupçons qui pesaient sur ces contrats. Le communiqué du Parquet mentionne de manière explicite que les enquêteurs ont mis en évidence «plusieurs irrégularités relatives à la passation et l’exécution de ces marchés». Au regard de la gravité des faits ainsi révélés, le Parquet financier a décidé de l’ouverture formelle d’une information judiciaire. Le dossier a été officiellement confié au 3ème Cabinet d’instruction du Pool judiciaire financier (Pjf).
Une avalanche de qualifications criminelles
La liste des infractions retenues pour l’ouverture de cette information judiciaire témoigne de l’ampleur de la fraude présumée. Les juges d’instruction devront enquêter sur des faits criminels et délictuels majeurs : association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des deniers publics, faux et usage de faux et blanchiment de capitaux.
Bien que l’identité des personnes visées ou déjà inculpées n’ait pas encore été rendue publique à ce stade, cette décision marque une étape décisive pour le Pool judiciaire financier dans sa mission de reddition des comptes et de lutte contre la délinquance en col blanc. Les semaines à venir s’annoncent cruciales alors que le juge du 3ème Cabinet s’apprête à entamer les auditions des différents acteurs impliqués dans la chaîne de commande de ces marchés publics.
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