Terrorisme: l’Afrique désormais épicentre absolu avec 86 % des attaques
La part du continent africain dans le terrorisme mondial a presque doublé en deux ans, selon le dernier rapport de l’ONG ACLED, publié le 11 mai. Face à une menace qui s’étend désormais vers les pays du golfe de Guinée, l’urgence d’une réponse panafricaine coordonnée s’impose. En l’espace de 24 mois, la trajectoire de la violence terroriste en Afrique a connu une accélération vertigineuse notamment 49 % du terrorisme mondial. 2024 ; 79 % du terrorisme mondial 2025, 86 % du terrorisme mondial au premier trimestre 2026
Selon l’ONG, cette bascule statistique confirme que le centre de gravité de l’instabilité sécuritaire internationale s’est définitivement déplacé vers le continent africain. Sur le terrain, cette escalade se traduit par une multiplication des fronts. Si la Somalie et le bassin du lac Tchad demeurent des zones de haute tension, c’est le Sahel qui concentre les dynamiques les plus violentes.
Une progression fulgurante et ininterrompue
Le 25 avril dernier, une offensive d’une ampleur inédite a illustré la puissance de feu et la coordination des groupes armés. Une action conjointe du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et des rebelles touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) a frappé simultanément plusieurs villes stratégiques maliennes, dont Bamako, Kati, Gao, Mopti et Kidal. Ce raid coordonné a porté un coup dur au pouvoir malien avec la mort confirmée du ministre de la Défense, le colonel Sadio CAMARA, tué au cours des affrontements. L’organisation ACLED met en garde contre la porosité des frontières face à cette contagion sécuritaire. La 8menace ne se cantonne plus aux zones désertiques ou semi-arides du Sahel. Elle entame une descente progressive et dangereuse vers les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest.
Sahel, le cas critique du Mali et la menace transfrontalière qui glisse vers le Sud
Le Bénin et le Togo, longtemps épargnés, subissent désormais des incursions et des attaques régulières sur leurs flancs septentrionaux. Face à ce péril asymétrique global, les réponses fragmentées ont montré leurs limites. L’heure est à l’unité opérationnelle. Selon l’organisation, pour inverser la tendance, les pays de la région devront impérativement dépasser les clivages politiques actuels, notamment les tensions diplomatiques et institutionnelles entre les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) et ceux de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Seule une stratégie panafricaine, inclusive, hautement coordonnée et respectueuse de la souveraineté des États permettra de mutualiser le renseignement et les forces militaires pour stopper définitivement cette hémorragie sécuritaire.
Liboire SAGNA

