Kenya: 19 soldats enrôlés « irrégulièrement » par la Russie sont morts sur le front en Ukraine
Le chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi, indique ce jeudi 7 mai, que 19 citoyens kényans « irrégulièrement » recrutés par la Russie – un phénomène qui touche plusieurs pays d’Afrique – sont morts sur le front ukrainien et que 32 sont portés disparus.
S’exprimant devant une commission sénatoriale, Musalia Mudavadi a annoncé que son ministère avait recensé 291 Kényans victimes « du recrutement militaire irrégulier » de la Russie, contre 250 jusqu’ici. De leur côté, les services de renseignement kényans avaient avancé en février un chiffre bien plus élevé, estimant que plus de 1.000 de leurs ressortissants avaient été recrutés et envoyés sous uniforme russe se battre sur le front en Ukraine.
Plusieurs médias ont montré comment des Kényans, souvent sans aucun passé militaire, se sont vu promettre depuis le Kenya des emplois civils bien rémunérés en Russie avant de se retrouver, une fois sur place, forcés de signer un contrat avec l’armée russe.
Ces révélations ont provoqué un tollé au Kenya. Le vice-ministre des Affaires étrangères Abraham Korir Sing’Oei avait dénoncé l’utilisation « inacceptable » par la Russie de Kényans comme « chair à canon ». Devant le Sénat ce jeudi, Musalia Mudavadi a expliqué que « de nouveaux détails étaient apparus (concernant) ceux enrôlés » dans les forces russes.
« Nous devons signaler que (…) 19 Kényans pourraient avoir péri » sur le front, et « nous avons désormais le chiffre de 32 disparus au combat », a déclaré le ministre, se félicitant que 53 recrues kényanes aient pu être rapatriées à ce jour. Deux Kényans sont en outre détenus comme prisonniers de guerre en Ukraine, selon Musalia Mudavadi.
Ce dernier s’est rendu à Moscou en mars, où il s’est entretenu avec des diplomates russes pour tenter de mettre fin à la conscription forcée de Kényans et permettre le rapatriement de ceux qui se trouvent sur le front. Le phénomène touche plusieurs pays africains. L’Ukraine estime que près de 1.800 Africains ont été enrôlés au sein des forces russes.

