Argentine: succès d’une pétition pour protéger les glaciers de l’appétit du secteur minier

En Argentine, plus de 850 000 de personnes persistent et signent pour protéger les glaciers. Elles se sont toutes jointes à l’action collective lancée devant la justice par un groupe d’ONG environnementales. Objectif : freiner l’application de la modification de la loi de protection des glaciers votée le mois dernier par le Parlement. La modification de la loi ouvre notamment la porte à l’industrie minière…

Par : Théo Conscience correspondant RFI à Buenos Aires,

Le texte assouplit les restrictions pour les activités minière et pétrolière dans les zones périglaciaires, c’est-à-dire les zones qui entourent les glaciers.

La réforme a été impulsée par Javier Milei, le président ultralibéral et climatosceptique de l’Argentine, et par les autorités des provinces minières de la cordillère des Andes, comme San Juan ou Mendoza, qui lorgnent notamment sur les réserves de cuivre et de lithium enfouies dans les sous-sols. Désormais, ce sont ces mêmes provinces qui décideront quelles sont les zones qui doivent être préservées, ou non, de l’activité minière.

850 000 personnes mobilisées…

Les organisations environnementales qui ont lancé l’action collective soutiennent que la modification de la loi met en danger l’accès à l’eau de plus de 7 millions de personnes. Le recours a été déposé devant la justice fédérale dans la province de la Pampa, dans le centre du pays, et ce n’est pas un hasard. La Pampa est une province qui dépend de l’eau issue des glaciers de ses voisines, les provinces minières de San Juan et Mendoza que l’on vient d’évoquer. Le gouverneur Sergio Ziliotto s’inquiète donc de voir les fleuves de sa province asséchés à cause des appétits miniers de ses voisins.

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Aussi son administration a, elle aussi, déposé un recours en justice pour suspendre l’application de la loi en attendant que la Cour suprême se prononce sur le fond. Mais il est difficile d’anticiper la décision de la cour car l’Argentine est un État fédéral, et la Constitution établit que les provinces sont les propriétaires des ressources naturelles, et qu’elles peuvent donc en disposer à leur guise.

Mais la Constitution dispose aussi que l’État fédéral doit fixer un seuil minimal de protection environnementale pour tout le pays. Il y a donc là un point d’interprétation du texte fondamental. Mais aussi, et au-delà, les promoteurs de l’action collective assurent que la modification de la loi est inconstitutionnelle car elle viole le principe de non-régression environnementale consacré par des traités internationaux signé par l’Argentine.

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