Centrafrique: report de l’annonce des résultats des législatives, pour cause de mouvement social
En République centrafricaine, alors que le pays attendait, lundi 3 mai, la proclamation des résultats provisoires du second tour des législatives du 26 avril 2026, les résultats n’ont finalement pas été publiés. Selon le code électoral, ces résultats peuvent être rendus publics dans un délai de huit jours après le scrutin. Contactées par RFI, certaines sources internes évoquent un blocage au sein de l’Autorité nationale des élections (ANE). Les informaticiens du centre de traitement des données de cette structure auraient bloqué les résultats. Ils réclament le paiement de deux mois d’arriérés de salaire. Le pays reste donc suspendu à l’attente de ces résultats, dont la publication est désormais reportée à une date ultérieure.
Avec Rolf Steve Domia-leu correspondant RFI à Bangui,
L’Autorité nationale des élections (ANE) confirme que l’ensemble de ses activités est actuellement paralysé. Elle annonce l’ouverture de discussions avec le personnel en grève afin de trouver une issue rapide. En avril 2026, le personnel avait exigé le règlement de ces deux mois d’arriérés avant la tenue du second tour. Un compromis avait alors été trouvé entre les parties.
Un « mauvais jeu »
« Des promesses non tenues, qui ressemblent à un mauvais jeu », confie sous anonymat un informaticien du centre de traitement des données de l’ANE. Huit jours après les scrutins du 26 avril, les agents décident de passer à la vitesse supérieure. « Nous avons décidé de bloquer les résultats. Nous exigeons le paiement de nos salaires avant toute publication », poursuit cet agent.
Intervenir
De nombreux observateurs et acteurs de la société civile appellent les autorités ainsi que les partenaires à intervenir pour un règlement rapide de la crise. Malgré les résultats du second tour non publiés, les députés élus au premier tour ont officiellement pris fonction ce lundi 3 mai. Cette session extraordinaire, prévue jusqu’au18 mai, est consacrée à l’installation des députés, à la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale de Centrafrique, ainsi qu’à la formation des commissions permanentes et des groupes parlementaires.

