Israël: le président Herzog privilégie la médiation à la grâce pour Netanyahu
C’est un dossier brûlant qui place la présidence israélienne sur une ligne de crête. Benyamin Netanyahu doit faire face à ses juges, lundi 27 avril, dans le cadre de son procès pour fraude, abus de confiance et corruption. Le président Isaac Herzog, lui, se retrouve au cœur d’une intense bataille politique. Certains l’incitent à accorder une grâce présidentielle au Premier ministre. Mais le chef de l’État tente d’imposer sa propre partition. Il serait plus enclin à un compromis.Par :RFI
Avec Michel Paul correspondant RFI à Jérusalem,
Que va décider Isaac Herzog ? Ses soutiens locaux le pressent d’accorder une grâce présidentielle à Benyamin Netanyahu, empêtré dans des affaires judiciaires. Donald Trump, le président américain et grand allié d’Israël, n’hésite, lui, pas à demander directement que le Premier ministre puisse bénéficier d’une telle grâce.
Mais alors que le chef du gouvernement est attendu ce 27 avril à la barre – une première depuis le début de la guerre avec l’Iran – pour témoigner dans son procès pour fraude, abus de confiance et corruption, la présidence israélienne confirme qu’aucune décision immédiate ne sera prise sur une éventuelle grâce.
Isaac Herzog tente d’imposer sa propre ligne. Sa stratégie consiste à privilégier un compromis négocié plutôt qu’une décision de grâce qui risquerait de diviser davantage le pays. Le président va donc forcer le destin. Dans les prochains jours, il doit appeler officiellement les avocats de Benyamin Netanyahu et la procureure générale à engager une médiation intensive. Cette voie est, selon lui, la seule « juste » pour refermer une crise ouverte depuis sept ans.
De son côté, la justice rappelle que le Premier ministre, qui n’a pas été condamné, ne remplit pas les critères légaux pour bénéficier d’une grâce. En poussant vers un accord de plaider-coupable en dehors des tribunaux, le président cherche à éviter un affrontement direct avec la Cour suprême.
Isaac Herzog peut désormais s’attendre à une nouvelle vague de pressions, notamment en provenance de la Maison Blanche. Dans l’attente des prochaines élections législatives prévues en octobre 2026, il fait le pari de la négociation plutôt que celui d’une absolution immédiate.

