Au Burundi, le ministre de la Communication retrouvé mort

Le corps sans vie de Gabby Bugaga, ministre de la Communication du Burundi, a été découvert ce jeudi 16 avril par des paysans. L’homme politique se trouvait dans un pickup à une dizaine de mètres de la route qui traverse sur plusieurs kilomètres les centaines d’hectares de palmiers à huile de la palmeraie de Kivoga, à quelques kilomètres de Bujumbura, la capitale. 

Le ministre burundais de la Communication et des Médias a été retrouvé mort ce jeudi 16 avril à l’aube près de Bujumbura. Dans un communiqué, le gouvernement burundais a annoncé le « décès inopiné » du ministre Gabby Bugaga, « survenu à l’aube (…) à la suite d’un accident », sans autre détail. Un gradé de la police évoque toutefois de « nombreuses zones d’ombre ».

Selon ce gradé de la police et un responsable administratif local ayant tous deux requis l’anonymat, le corps du ministre a été retrouvé au volant d’un pick-up arrêté au milieu de la palmeraie de Kivoga, dans une zone rurale à une dizaine de kilomètres de la capitale économique burundaise.

Ceux qui ont découvert le corps et le véhicule ont partagé des photos sur les réseaux sociaux pour tenter d’identifier le défunt. Ces photos ont été authentifiées par les deux sources interrogées par l’Agence France Presse (AFP). Sur les photos partagées, on peut voir le corps de Gabby Bugaga, vêtu d’un short et d’un polo, chaussé de chaussures de sport blanches, au volant, à moitié allongé sur la banquette avant du véhicule. Les traces d’un fort impact sont visibles sur le côté droit de la voiture. 

De nombreuses questions ont émergé sur les réseaux sociaux après cette découverte: que faisait le ministre sur cette route très peu fréquentée, surtout la nuit, sans chauffeur et sans ses officiers de sécurité? Ce « décès comporte de très nombreuses zones d’ombre, par exemple la nature de la blessure profonde sur son crâne alors que la cabine du véhicule est intacte« , a estimé le gradé de la police qui a fait état de traces de choc à l’arrière et sur le côté du véhicule. « Le gouvernement ne veut pas d’un scandale et a décidé d’enterrer l’affaire sans enquête officielle », a-t-il ajouté.

Dans l’attente d’une enquête

Interrogé par l’AFP au sujet de l’ouverture d’une enquête, le parquet n’a pas immédiatement répondu. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Léonidas Ndaruzaniye, celui de la Justice Alfred Ahingejeje, le procureur général ainsi que de hauts responsables des services de sécurité se sont rendus sur place, ont rapporté ces deux sources.

Ancien journaliste de la Radio-télévision nationale burundaise (RTNB), Gabby Bugaga avait ensuite travaillé dans les cellules communication de plusieurs institutions nationales, puis avait intégré la Commission électorale nationale indépendante (Céni), avant d’être nommé ministre de la Communication en 2025.

En 2017, le ministre burundais de l’Environnement Emmanuel Niyonkuru avait été tué par balles, deux ans après le début d’une violente crise politique au cours de laquelle plusieurs figures du pouvoir avaient été assassinées ou visées par des tentatives d’assassinat. Cette crise avait été déclenchée par la candidature – puis l’élection – du président Pierre Nkurunziza à un 3e mandat controversé. 

Depuis qu’Evariste Ndayishimiye, un militaire, a succédé en 2020 à M. Nkurunziza, décédé, le Burundi oscille entre signes d’ouverture des autorités, qui restent sous l’emprise d’influents généraux, et ferme contrôle du pouvoir.

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