Centenaire Me WADE : l’UJTL met en garde contre toute « récupération politique »

Le Sénégal s’apprête à célébrer le centenaire de Me Abdoulaye WADE, ancien président de la République. Une initiative saluée par la classe politique et la société civile, mais dont la paternité semble se disputer entre l’Union des Jeunesses Travaillistes Libérales (UJTL), structure des jeunes du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), et le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.

Le 29 mai 2026 marquera le centenaire de la naissance de l’ancien président de la République du Sénégal (2000‐2012), Me Abdoulaye WADE. Figure emblématique du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) et acteur majeur de la vie politique africaine, il est reconnu comme le père de la première alternance démocratique au Sénégal, mettant fin à quarante années de règne du Parti socialiste (1960‐2000). Son passage à la magistrature suprême, son engagement constant pour la démocratie, son panafricanisme assumé et sa vision pour le développement du continent appellent aujourd’hui à un hommage unanime.

À quelques semaines de cette échéance symbolique, les initiatives se multiplient en faveur d’une célébration d’envergure nationale. Dans un communiqué officiel daté du 10 avril 2026, le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme (MCAT) a annoncé les premières démarches en vue de l’organisation de la commémoration. Les services du ministère sous la houlette de Amadou Ba ont notamment sollicité une rencontre avec les responsables du Parti Démocratique Sénégalais afin de définir, de manière concertée, les modalités de cet événement.

Si cette démarche gouvernementale est globalement saluée, elle suscite une interrogation, voire une certaine contrariété, au sein de l’Union des Jeunesses Travaillistes Libérales (UJTL). La structure de jeunesse du PDS dénonce une forme d’«usurpation d’initiative» et un manque de considération de la part du Ministère. Pour appuyer leurs dires, les jeunes libéraux affirment avoir adressé une demande d’audience au MCAT, accusé de réception le 8 avril 2026, soit deux jours avant la publication du communiqué ministériel.

Dans ce courrier consulté par Le Témoin, l’UJTL sollicitait une rencontre dans le cadre de la préparation du centenaire afin de rendre hommage au « parcours exceptionnel » et aux « contributions majeures » du Président WADE. Le document précisait : « Nous souhaitons échanger avec vous sur les possibilités d’accompagnement institutionnel de cet événement, notamment en matière de mise à disposition de sites, d’appui logistique et de valorisation culturelle. »

Selon une source concordante au sein de l’UJTL, aucune réponse officielle n’a été reçue à ce jour de la part du ministre Amadou BA. La source indique que des échanges officieux ont eu lieu avec des collaborateurs du Ministère, lesquels auraient conseillé de déposer la demande d’audience en attendant d’être reçus. « Nous avons envoyé un courrier au Ministère, qui est resté sans suite. C’est là que nous avons monté un Comité ad hoc qui a entamé toutes les démarches pour organiser le centenaire », confie cette source, qui souligne l’autonomie d’action de la structure de jeunesse. La publication du communiqué du 10 avril, sans qu’ils aient été entendus au préalable, est perçue comme une « coïncidence inquiétante ». « Nous ne lui avons pas demandé d’organiser le centenaire, nous lui avons demandé de nous appuyer, de mettre à notre disposition des sites pour que nous puissions mener nos activités », précise notre interlocuteur, qui dit ne pas être dérangé par une implication de l’État, pourvu qu’il s’agisse d’une « célébration plurielle ».

De ce fait, la source révèle que les initiatives autour du centenaire de Me WADE sont nombreuses. Outre l’UJTL et la direction nationale du PDS qui prépare l’événement de son côté, des universitaires de la Sorbonne élaborent un ouvrage collectif, des réseaux libéraux américains et en Afrique notamment en Côte d’Ivoire et au Bénin, ainsi que l’Internationale libérale sont également sur les rangs. D’anciens ministres et alliés politiques sont aussi en phase de préparation. L’UJTL entend donc faire entendre sa voix, souffle : « Ce que nous ne pouvons pas accepter, c’est une récupération politique. »

La source déplore que la jeunesse soit parfois « laissée pour compte » dans les grandes décisions de parti, ce qui justifie leur volonté de porter cet hommage à celui qu’ils considèrent comme leur « monument historique ». Dans ce contexte, l’Union des Jeunesses Travaillistes Libérales plaide pour une « célébration inclusive et plurielle », tout en mettant en garde contre toute tentative de récupération politique.

Le Témoin

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