Contrôles routiers : ça sent le gaz
L’Union nationale des grossistes de gaz (UNAGAZ) a exprimé une vive inquiétude face à la multiplication des contrôles routiers qu’elle juge excessifs. Elle craint un risque de perturbation de l’approvisionnement en gaz butane des foyers et des industries. Selon le quotidien Vox Populi, ces opérations menées par la police et la gendarmerie depuis environ trois mois à Dakar, Thiès et Mbour se traduisent par des immobilisations répétées de camions de livraison.
Les forces de l’ordre exigent un agrément de Transport de matières dangereuses (TMD) fondé sur une réglementation datant de 1998, ce que les grossistes considèrent comme une confusion entre le transport d’hydrocarbures en vrac, réservé aux camions-citernes de carburant, et leur propre activité de distribution de gaz butane conditionné en bonbonnes.
Pour l’UNAGAZ, ces exigences sont en complet décalage avec la réalité de leur métier. Son président, Maniang DIO souligne qu’aucun grossiste ne dispose des moyens techniques ou financiers pour satisfaire aux conditions imposées au transport d’hydrocarbures, qui requièrent notamment une capacité de citerne de 100 000 litres. Ces blocages sur les axes routiers génèrent déjà des tensions inutiles sur le marché et affectent le quotidien des consommateurs. Face à cette situation, l’organisation a saisi le 31 mars les ministres de l’Intérieur,
Bamba CISSÉ, et de l’Énergie, Birame Soulèye DIOP, en sollicitant un arbitrage pour clarifier l’application de cette réglementation. L’UNAGAZ espère qu’une distinction claire sera enfin établie entre le transport de gaz en bonbonnes et celui des carburants ou lubrifiants, afin d’éviter une crise d’approvisionnement aux conséquences potentiellement graves.
SOURCE WALFADJRI

