En Hongrie, Peter Magyar promet un «changement complet de régime»

Peter Magyar a promis lundi 13 avril de tout faire pour « garantir une nouvelle ère en Hongrie », au lendemain de sa victoire écrasante contre le parti Fidesz du dirigeant nationaliste Viktor Orban, qui régnait en maître sur le pays depuis 16 ans.

Par : RFI

Le futur Premier ministre hongrois a estimé que « le peuple hongrois » n’avait pas voté « pour un simple changement de gouvernement, mais pour un changement de régime complet ». Pour accélérer l’alternance, il a appelé le président Tamas Sulyok à convoquer la nouvelle Assemblée issue des élections « le plus vite possible ». Tamas Sulyok, un proche de Viktor Orban, dispose de 30 jours pour le faire. En attendant, le gouvernement actuel est censé ne continuer à gérer que les affaires courantes.

Le conservateur pro-européen a affirmé qu’il rétablirait l’État de droit, mais pas par des mesures « qui le bafouent », se félicitant d’avoir obtenu la majorité des deux tiers des sièges au Parlement qui lui permettent de réviser la Constitution.

Désireux de se distancer encore de Viktor Orban, dont il a comparé la gouvernance à celle d’un Roi-Soleil, Peter Magyar a promis d’agir « en capitaine qui coordonne […] et tient compte des avis » de ses ministres.

Dans la nuit, juché sur une estrade installée sur les bords du Danube, il avait affirmé que ses électeurs et lui avaient « libéré la Hongrie », sous les acclamations de dizaines de milliers de personnes. Viktor Orban, 62 ans, a rapidement concédé sa défaite, prenant acte de résultats « douloureux, mais sans ambiguïté ».

Remerciements à Pékin et Moscou

Peter Magyar, qui n’a jamais caché son opposition à une procédure accélérée en faveur de Kiev, a d’ailleurs signifié dès lundi qu’il était « exclu » d’admettre ce pays en guerre dans le bloc des 27, tout en éludant le prêt de 90 milliards pour Kiev, pourtant bloqué par la Hongrie. Il a aussi affirmé que toute normalisation des relations avec l’Ukraine « devra être précédée du règlement de la question des droits de la minorité hongroise qui y vit ».

Il a également entretenu le flou sur ses futures relations avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, que Viktor Orban avait reçu l’an passé, rapporte notre envoyé spécial à Budapest, Julien Chavanne. Pas une critique non plus sur Donald Trump qui a soutenu activement le Premier ministre sortant. Il refuse par ailleurs de classer le Rassemblement national de Marine Le Pen comme un parti d’extrême droite. 

Peter Magyar a tenu aussi à remercier la Russie et la Chine d’avoir « accepté avec respect » sa victoire et d’être « ouverts à une coopération pragmatique », refusant de « se tirer une balle dans le pied » en coupant totalement les hydrocarbures russes.

Pour ses premiers déplacements en dehors de la Hongrie, Peter Magyar passera par la Pologne, puis en Autriche, et enfin à Bruxelles.

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