« La situation est chaotique »: au moins 182 morts au Liban après la « plus grande frappe coordonnée » d’Israël contre le Hezbollah

Des raids israéliens sur Beyrouth ont fait 182 morts au Liban, plongeant le pays dans un deuil national ce jeudi 9 avril. Entre hôpitaux saturés et menaces sur le cessez-le-feu, la tension atteint un seuil critique.

Par Margot Hutton – avec AFP

Un secouriste fait un geste tandis que d’autres recherchent des victimes dans les décombres d’un immeuble détruit par une frappe aérienne israélienne la veille, dans le centre de Beyrouth, au Liban, le 9 avril 2026.

Malgré le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, entré dans son deuxième jour, le Liban continue de subir les frappes israéliennes les plus meurtrières depuis le début du conflit. Ces attaques de mercredi ont provoqué un bilan lourd de 182 morts et 890 blessés, avec des destructions massives dans les zones civiles de Beyrouth.

L’armée israélienne a qualifié l’opération de mercredi de « plus grande frappe coordonnée contre le Hezbollah depuis le 28 février« , visant sans avertissement des quartiers résidentiels comme Basta. Le ministre libanais de la Santé a annoncé un bilan provisoire de 182 morts et 890 blessés pour cette seule journée.

« J’ai vu une frappe, c’était très fort, des enfants ont été tués, d’autres ont eu les bras coupés dans le quartier de Basta« , a déclaré Yasser Abdallah, commerçant à Beyrouth. À l’hôpital Rafik Hariri, « la situation est chaotique, car de plus en plus de personnes arrivent » avec des blessures par éclats d’obus et des amputations, dont un enfant ayant perdu ses deux jambes, selon Christopher Stokes, coordinateur des urgences de Médecins sans frontières au Liban.

Des réactions indignées

Dans la capitale libanaise, des secouristes fouillent encore ce jeudi matin les décombres dans deux immeubles visés dans des quartiers résidentiels, selon les équipes de l’AFP. Une frappe israélienne a visé à l’aube un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, désertée par une grande partie de ses habitants. Un photographe de l’AFP a vu un immeuble entièrement soufflé et un autre à moitié détruit dans le quartier de Chiyah.

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Le Comité International de la Croix-Rouge s’est dit « indigné par les morts et destructions dévastatrices« , insistant: « Tout accord global doit prendre en compte la sécurité, la protection et la dignité des civils au Liban. Après plus de cinq semaines d’hostilités, la population a un besoin urgent de répit face à la violence« . Médecins sans frontières a condamné: « Ces frappes aveugles sur des zones densément peuplées sont totalement inacceptables. Les attaques incessantes contre les civils doivent cesser« .

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Le Premier ministre Nawaf Salam a décrété une journée de deuil jeudi et promis de mobiliser « toutes les ressources politiques et diplomatiques du Liban pour arrêter la machine à tuer israélienne« . En riposte, le Hezbollah a lancé des roquettes sur Manara, une localité israélienne frontalière, dénonçant une « violation du cessez-le-feu« .

« Les frappes israéliennes sur le Liban font peser un grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d’une paix durable ».

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Les frappes israéliennes sur le Liban sont “intolérables”, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot sur France Inter, soulignant que la France s’associait “pleinement” à la journée de deuil national au Liban. Il estime que ces attaques fragilisent le cessez-le-feu temporaire trouvé entre les États-Unis et l’Iran.

« Nous condamnons fermement ces frappes massives qui (…) en dix minutes, ont fait plus de 250 morts qui s’ajoutent aux 1.500 victimes de ce conflit initié par le Hezbollah contre Israël le 2 mars dernier. »

Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères

Le Royaume-Uni souhaite « fortement » que le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran soit « étendu » au Liban, a déclaré la ministre des Affaires étrangères britannique Yvette Cooper, qui s’est dite « profondément préoccupée » par les attaques israéliennes meurtrières dans ce pays. Le président iranien Massoud Pezeshkian a rappelé qu’un « cessez-le-feu au Liban est une des conditions essentielles » de la trêve avec les États-Unis. Emmanuel Macron a exprimé son inquiétude, assurant que l’arrêt des frappes est « la condition nécessaire pour que la trêve soit crédible et durable« .

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