Google, Apple, Tesla… L’Iran menace de détruire les sièges régionaux de 18 géants américains de la tech
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont désigné ce mardi 31 mars 18 géants américains de la tech, dont Google, Apple, Meta, Microsoft, Tesla, Palantir et Nvidia, comme « cibles légitimes », menaçant de détruire leurs sites régionaux en représailles aux assassinats de hauts responsables iraniens depuis le début de la guerre, le 28 février.
Antoine Joubeau – source TV5
Google, Apple, Tesla, Meta, Nvidia… Tous ces géants de la tech américains sont devenus des « cibles légitimes » par les Gardiens de la Révolution mardi 31 mars. Dans un communiqué publié sur leur site Sepah News, l’organisation paramilitaire iranienne a menacé de détruire leurs locaux régionaux en représailles à tout nouvel « assassinat » de responsable en Iran. L’ultimatum fixait une date précise: 20h le mercredi 1er avril, heure de Téhéran.
Au total, 18 entreprises sont directement nommées: Google, Apple, Meta, Microsoft, Tesla, Palantir, Cisco, HP, Intel, Oracle, IBM, Dell, Nvidia, JP Morgan, GE, Spire Solution, G42 et Boeing. Dans leur communiqué, les Gardiens préviennent que ces entreprises doivent « s’attendre à la destruction » de leurs sites régionaux. Leurs employés sont sommés de « quitter immédiatement leur lieu de travail pour sauver leur vie » et les habitants installés à moins d’un kilomètre de ces « entreprises terroristes » sont doivent « quitter leurs domiciles ».
Des représailles pour « chaque assassinat ciblé »
La menace est conditionnelle mais explicite. Les Gardiens ont averti que ces entreprises « feront l’objet de représailles pour chaque assassinat ciblé ». Depuis le déclenchement de la guerre, le 28 février, plusieurs hauts responsables iraniens ont été tués dans des frappes israélo-américaines.
L’armée iranienne a également affirmé, dans un communiqué relayé par l’agence officielle Irna, avoir « ciblé avec des drones » plusieurs sites « stratégiques » en Israël appartenant à Siemens et AT&T. Ces entreprises serviraient à « optimiser les chaînes de production d’armes et concevoir des systèmes militaires » au profit d’Israël, selon le texte.
Un Moyen-Orient devenu eldorado technologique
L’Iran ne vise pas ces sociétés au hasard. Les Gardiens les accusent d’être « le principal élément dans la conception et le repérage des cibles d’assassinats ». Le gouvernement américain et les géants de la tech auraient ignoré leurs « avertissements répétés » pour suspendre les opérations ciblant de hauts responsables iraniens.
Le rôle joué par ces technologies dans le conflit est documenté. La plateforme d’analyse de données de Palantir, Maven, a été utilisée massivement dans l’offensive israélo-américaine. L’IA d’Anthropic, Claude, a également servi à générer des recommandations de cibles. L’intelligence artificielle a été déterminante dans l’opération ayant abouti à l’élimination de l’ayatollah Khamenei par l’exploitation de données issues de caméras de surveillance piratées.
Pour Cyril de Sousa Cardoso, expert en IA interrogé par Le Parisien, le conflit marque un tournant: « C’est la première guerre IA ». Les armées américaine et israélienne s’appuient sur un arsenal technologique inédit, Palantir, les géants du cloud et de l’IA en tête.
La région était devenue la nouvelle terre promise des investisseurs américains de la tech. La réglementation souple des pétromonarchies et leurs investissements massifs avaient attiré l’ensemble du secteur. Amazon y a construit son premier data center en 2019, à Bahreïn, avant de s’étendre progressivement dans le Golfe.

