Vladimir Poutine en Chine

Avec Xi Jinping, le président de la Russie affiche une alliance « inébranlable » – Moins d’une semaine après la visite du président des États-Unis Donald Trump à Pékin, Xi Jinping reçoit Vladimir Poutine, ce mercredi 20 mai, pour réaffirmer la force de la relation entre les deux puissances, face aux turbulences internationales.

Par TV5MONDE avec AFP

C’est une poignée de main chaleureuse au pied des marches du Palais du peuple, au cœur de la capitale chinoise, qui a ouvert le sommet. Hymnes nationaux, revue de garde militaire, salve de canons, et groupe d’enfants scandant « bienvenue » en agitant les drapeaux des deux pays. La mise en scène était semblable à celle réservée au président américain une semaine plus tôt.

Le sommet correspond au 30e anniversaire d’un partenariat de coordination stratégique entre la Russie et la Chine. Le président russe a salué le niveau des relations bilatérales dans des termes élogieux. « Nos relations sont aujourd’hui parvenues à un niveau sans précédent, offrant ainsi un modèle de partenariat véritablement global et de coopération stratégique », a déclaré Vladimir Poutine lors de leur rencontre, selon les médias russes. La coopération économique affiche selon lui « une dynamique forte et positive », malgré « des facteurs extérieurs défavorables ». Lire la vidéo

De son côté, le président chinois a revendiqué une relation « inébranlable » entre les deux puissances. « Si les relations sino-russes sont parvenues à un niveau aussi élevé, pas à pas, c’est parce que nous avons su approfondir sans cesse la confiance politique mutuelle et la coordination stratégique avec une persévérance inébranlable qui a résisté à mille épreuves », a déclaré Xi Jinping à l’ouverture des entretiens, selon l’agence officielle Chine nouvelle. 

Une relation commerciale inégale

La visite de Donald Trump à Pékin n’a pas donné lieu à de grandes annonces, mais elle figurait néanmoins parmi les sujets d’intérêt commun des deux chefs d’Etat. Le Kremlin a qualifié de fortuit l’enchaînement des deux visites. Les analystes estiment que le président russe cherchera à obtenir de son hôte l’assurance que cette tentative de rapprochement avec les États-Unis ne se fera pas aux dépens de la Russie.

Mais sur le plan économique, cette relation repose sur des bases assez déséquilibrées. Les importations russes ne représentaient qu’environ 5% des importations totales de la Chine en 2025, selon les Douanes chinoises. 

À l’inverse, la Chine pesait plus du tiers des importations et plus du quart des exportations russes la même année, d’après l’agence russe Tass. Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, les exportations de pétrole russe vers la Chine ont même progressé d’environ 30%, selon des données de centres d’analyse européens.

La question énergétique figurait donc en bonne place à l’ordre du jour. Pékin se retrouve  directement exposé aux perturbations des approvisionnements liées au blocage du détroit d’Ormuz. « Le renforcement des liens dans l’énergie pourrait occuper une place importante durant la rencontre, Pékin voulant obtenir davantage d’énergie russe », estime Joseph Webster, chercheur à l’Atlantic Council.

Le projet de gazoduc « Force de Sibérie 2 », qui relierait les principales réserves de gaz naturel russe dans le nord de la Sibérie à la Chine, pourrait aussi être abordé. Il s’agit là d’un chantier capital pour Moscou, qui y voit un débouché important pour ses hydrocarbures délaissés par l’Europe depuis 2022.

« Il est urgent de parvenir à un arrêt total de la guerre »

Xi Jinping, au sujet du conflit au Moyen-Orient.

Le chef de l’État chinois s’est également prononcé sur la situation au Moyen-Orient, au lendemain de menaces américaines de reprendre les frappes sur l’Iran, affirmant qu' »une reprise des hostilités serait inopportune et poursuivre les négociations est plus essentiel que jamais ».

Sur le front commercial sino-américain, Pékin a annoncé mercredi une avancée avec Washington : les deux parties « sont convenues en principe de discuter d’un accord-cadre prévoyant des réductions de droits de douane réciproques sur des produits d’une valeur équivalente », couvrant « 30 milliards de dollars ou plus de chaque côté », dans le cadre d’un nouveau conseil du commerce, selon le ministère du Commerce chinois.

Chine et Russie ont néanmoins réaffirmé leur opposition commune à un ordre mondial dominé par les États-Unis. Les deux dirigeants devaient signer une déclaration en faveur d’un monde multipolaire. Le président russe a également invité son homologue chinois à se rendre en Russie l’année prochaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *