Journée mondiale de l’eau: une ressource vitale en première ligne de la guerre au Moyen-Orient
Ce dimanche 22 mars, les Nations unies célèbrent, comme chaque année depuis 1993, la Journée mondiale de l’eau avec l’objectif de sensibiliser sur l’importance et la nécessité pour tous d’avoir accès à cette ressource vitale. Mais la guerre au Moyen-Orient montre que l’eau est non seulement un enjeu mais aussi une cible.En temps de guerre, l’accès à l’eau est plus que jamais un enjeu crucial. Alors que les conventions de Genève, fondement du droit international humanitaire, interdisent formellement d’« attaquer, de détruire, d’enlever ou de mettre hors d’usage des biens indispensables à la survie de la population civile » tels que « les installations et réserves d’eau potable et les ouvrages d’irrigation », ces installations sont en réalité souvent visées.
Ce 22 mars 2026, au 23ème jour de guerre au Moyen-Orient, l’Iran a annoncé de « graves dégâts » sur ses infrastructures d’eau et d’énergie.
« Des dizaines d’installations de transmission et de traitement de l’eau » auraient été visées par des frappes israélo-américaines, détruisant certaines » parties des réseaux d’approvisionnement », selon Abbas Aliabadi, ministre iranien de l’Énergie.
Cette déclaration de Téhéran intervient alors que les Nations unies célèbrent la Journée de l’eau. Mais l’Iran a également frappé des infrastructures liés à l’approvisionnement en eau.
Menaces sur les usines de dessalement du Golfe
En réplique à l’ultimatum de Donald Trump, qui menaçait samedi 21 mars d’anéantir les principales centrales électriques de la République islamique si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert sous 48 heures, l’Iran a, de son côté, menacé de frapper, entre autres, les usines de dessalement de la région.
Les frappes sur les infrastructures hydrauliques donnent une autre dimension à cette guerre, dans une région où l’eau est rare, et le dessalement de l’eau de mer, presque indispensable. 40 % à 60 % de la capacité mondiale de dessalement se trouve dans le Golfe, qui ne possède que 2 % des réserves mondiales d’eau douce renouvelables. Selon l’Institut français des relations internationales, 90 % de l’eau du Koweït provient du dessalement, contre 86 % à Oman, 70 % en Arabie Saoudite et 42 % aux Émirats arabes unis (EAU).
Conséquences sur les populations civiles
Si l’Iran est un peu moins dépendant des infrastructures de dessalement, l’eau y est aussi rare. Le faible niveau de précipitations et la surexploitation des nappes phréatiques et des rivières entraîne des pénuries d’eau.
Le 8 mars, déjà, des drones iraniens avaient frappé une station de dessalement à Bahreïn. La veille, l’Iran avait accusé Washington d’une frappe similaire sur l’île de Qeshm, en Iran, qui aurait affecté l’approvisionnement en eau de 30 villages.
En continuant l’escalade dans ce sens, les conséquences pourraient être terribles pour les populations civiles. En plus de l’eau potable directement consommée, s’en prendre aux infrastructures hydrauliques impacte directement l’agriculture, le fonctionnement des hôpitaux, et même l’industrie pétrolière
Indispensable à la vie, l’eau est au cœur des questions géopolitiques contemporaines et est à l’origine de graves crises et de déplacements de populations. Selon l’UNICEF, environ 2,2 millions de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à l’eau, et chaque année, 400 000 enfants de moins de cinq ans meurent à cause d’une eau insalubre.

