Trump presse le Japon de s’engager à la protection du détroit d’Ormuz

Pour sa première visite officielle à l’étranger, la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a été reçue aux États-Unis, à la Maison Blanche, par Donald Trump. La rencontre entre les dirigeants devait être axée sur la Chine et l’économie, mais la guerre israélo-américaine avec l’Iran s’est invité dans les discussions. Le président américain a notamment appelé le Japon à participer à la protection du détroit d’Ormuz.

Par : RFI

Après avoir salué son entente avec la Première ministre japonaise, devant les caméras, Donald Trump est allé droit au but, explique notre correspondante à New York, Loubna Anaki. C’est simple : il compte sur Tokyo pour sécuriser le détroit d’Ormuz, artère essentielle du commerce mondial paralysée par la guerre au Moyen-Orient. « Le Japon reçoit 90% de son pétrole via le détroit d’Ormuz », a rappelé le milliardaire conservateur américain, pour lequel il est donc naturel que le pays participe à sa protection.

« Ce pays monte vraiment au créneau », a-t-il insisté, glissant au passage en forme de tacle « pas comme l’Otan ». Une façon pour le locataire de la Maison Blanche de mettre à nouveau la pression sur Sanae Takaichi, dont le pays n’a pas répondu aux demandes américaines d’envoi de navires pour sécuriser le détroit.

Donald Trump en a aussi profité pour évoquer le refus des alliés Européens de répondre à ses récentes demandes : « L’Europe reçoit une grande partie de son pétrole via le détroit, contrairement à nous. On n’a pas besoin du détroit, mais on est en train de le défendre pour tout le monde ! » Le président états-unien a insisté sur ce point à plusieurs reprises.

Il a également provoqué un petit malaise en répondant à la question d’un journaliste japonais, qui lui demandait pourquoi les États-Unis n’avaient pas prévenu leurs alliés de leurs plans d’attaquer l’Iran. « On voulait garder la surprise ! Qui connaît mieux les surprises que le Japon ?! Pourquoi vous ne m’avez rien dit pour Pearl Harbor ? », a lancé Donald Trump, en référence à l’attaque de l’armée japonaise sur la base navale hawaïenne le 7 décembre 1941. Un acte de guerre qui avait anéanti l’essentiel de la flotte américaine dans le Pacifique et déclenché l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale.

Sanae Takaichi résiste à la pression

Le commentaire du président Trump a été suivi d’un flottement. La Première ministre japonaise a semblé légèrement mal à l’aise, se contentant de hausser les sourcils.

Un moment repris en boucle par les médias japonais, rapporte notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles. Le Japon a payé le prix de l’attaque de Pearl Habor par les deux bombes atomiques américaines larguées sur Hiroshima et Nagasaki.

Les médias japonais s’entendent aujourd’hui pour dire que Sanae Takaichi a résisté aux pressions de Donald Trump pour que le Japon s’implique militairement dans le détroit d’Ormuz, même si certains politiques japonais disent que Sanae Takaichi aurait pu répondre à Donald Trump que c’est la Constitution pacifiste japonaise imposée par les Américains après la guerre qui interdit au Japon toute implication militaire en Iran. 

Sanae Takaichi a fait part de son inquiétude à Donald Trump concernant les transferts de troupes américaines stationnées au Japon vers le Moyen-Orient, au moment où la Chine multiplie les exercices militaires autour de Taïwan.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *