Près de 300 anciens employés des bases militaires françaises dénoncent leur abandon

Ils étaient autrefois employés par les bases militaires françaises au Sénégal. Aujourd’hui, près de 300 d’entre eux ne voient plus le bout du tunnel. Regroupés au sein d’un collectif, ces ex-travailleurs licenciés tirent la sonnette d’alarme et interpellent les autorités.

À travers la voix de leur président, Mathieu SAGNA, ils racontent une lente descente aux enfers depuis la perte de leur emploi.« Les conséquences sont lourdes et multiples. Certains de nos enfants ne sont plus scolarisés, faute de moyens. D’autres parmi nous ne peuvent plus se soigner, alors qu’ils bénéficiaient auparavant d’une couverture médicale », déplore-t-il.

Mais la détresse ne s’arrête pas là. Le collectif alerte également sur la situation financière inextricable de plusieurs de ses membres, aujourd’hui confrontés à des précontentieux bancaires. Certains établissements financiers auraient en effet retenu les indemnités de licenciement des ex-employés pour éponger des dettes contractées antérieurement. 

« Des collègues n’ont toujours pas accès à leurs indemnités. Nous nous demandons comment ils arrivent à tenir jusque-là », a-t-il expliqué.

Au-delà de l’aspect matériel, c’est un sentiment de trahison qui domine au sein du collectif. Les anciens travailleurs rappellent que le chef de l’État, Bassirou Diomaye FAYE, avait lui-même évoqué publiquement des pistes de reclassement pour eux. 

« Depuis ces déclarations, nous n’avons constaté aucune avancée concrète », regrette le président du collectif, faisant état de démarches répétées restées sans réponse satisfaisante.

D’autre part, les travailleurs interpellent les autorités sur la situation des civils qui travaillaient encore sur les bases militaires et dont certains dossiers administratifs demeurent en suspens. Face à cette situation qui s’éternise, les membres du collectif leur lancent un appel pressant. Ils les exhortent à une prise en charge rapide et équitable, seul moyen, selon eux, de mettre un terme à des mois d’incertitudes et de difficultés sociales pour des centaines de familles.

Khadydja NDIAYE

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