Nouvel éboulement à Saraya : 16 morts en 3 mois !
La série noire continue dans les sites d’orpaillage de l’Est du Sénégal. Lundi soir, un jeune ressortissant guinéen a perdu la vie dans l’effondrement d’une galerie. Ce nouveau décès porte à seize le nombre de victimes en seulement trois mois dans cette zone, relançant l’épineuse question du travail des mineurs et de la sécurité sur les sites clandestins.
Par Justin GOMIS – La terre a encore tremblé, et avec elle, le destin d’un enfant s’est brisé. Le lundi 9 mars 2026, aux environs de 23 heures, un éboulement meurtrier s’est produit sur un périmètre d’exploitation minière à Kharakhéna, un village de la commune de Bembou, situé dans la région de Kédougou. La victime, un jeune orpailleur de nationalité guinéenne âgé de seulement 16 ans, n’avait aucune chance d’être secourue. Selon des sources sécuritaires, le corps de l’adolescent a été extrait des décombres avant d’être acheminé à la morgue de l’Hôpital régional de Kédougou par les éléments de la gendarmerie, après les constats d’usage.
Une hécatombe silencieuse : 16 morts en 90 jours
Ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une statistique effrayante : il s’agit du seizième décès enregistré sur ce seul site d’exploitation en l’espace de trois mois. La multiplication de ces accidents mortels témoigne de la précarité extrême des installations et du non-respect des normes de sécurité les plus élémentaires dans ces couloirs de la mort.
Le rappel des derniers drames : une région sous tension
La zone de Kédougou est devenue le théâtre de tragédies répétitives. Ces derniers mois, plusieurs sites environnants ont été le siège de scènes de désolation : en décembre dernier, trois orpailleurs avaient été ensevelis dans des circonstances similaires, non loin de la frontière malienne. En janvier, un autre accident majeur avait coûté la vie à plusieurs jeunes, piégés par l’effondrement d’une galerie creusée trop profondément pour échapper aux contrôles.
Ces événements rappellent cruellement que, malgré les patrouilles et les tentatives de régulation, l’appât du gain pousse des milliers de travailleurs, souvent très jeunes, à s’engouffrer dans des puits artisanaux instables, transformés en tombeaux à ciel ouvert.
L’urgence de protéger l’enfance
Au-delà de l’insécurité physique, ce décès tragique à Kharakhéna relance avec force le débat sur l’exploitation des mineurs dans les mines clandestines. Malgré les conventions internationales et les lois nationales, des adolescents de moins de 18 ans, venus parfois des pays voisins pour soutenir leurs familles, se retrouvent en première ligne des travaux les plus dangereux.
Face à cette hécatombe qui ne dit pas son nom, les populations locales et les organisations de défense des droits de l’Homme appellent à un renforcement drastique de la surveillance des sites et à une lutte plus ferme contre les réseaux qui emploient des enfants dans l’orpaillage.

