Affaire Softcare / ARP : le ministère de la Santé écarte tout risque sanitaire
Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a apporté des clarifications sur l’affaire dite « Softcare », une controverse qui a suscité une vive inquiétude au sein de l’opinion publique concernant la sécurité des serviettes hygiéniques et des couches pour bébés fabriquées par l’entreprise.
Face aux interrogations et aux polémiques nées après la publication d’un rapport d’inspection du 29 octobre 2025, le ministre de la Santé a ordonné une enquête approfondie. Celle-ci a été conduite par l’inspection interne du ministère, appuyée par un comité ad hoc interinstitutionnel composé de représentants de l’Assemblée nationale, du ministère de la Santé et du ministère de l’Industrie et du Commerce.
Le comité a procédé à l’analyse de nombreux documents administratifs et techniques, à l’audition des différentes parties, ainsi qu’à une visite du site de production de Softcare le 7 janvier 2026. L’objectif était d’examiner l’ensemble de la chaîne de production, depuis les matières premières jusqu’au contrôle qualité et à la commercialisation des produits.
Les conclusions de l’enquête sont jugées « sans ambiguïté » par le ministère. Selon le rapport, aucune preuve scientifique ne démontre l’utilisation effective de matières premières périmées dans les produits actuellement commercialisés. De plus, aucune alerte sanitaire, aucun signal de matériovigilance ni donnée épidémiologique ne permet d’établir un risque pour les consommateurs.
Des analyses indépendantes réalisées par un laboratoire allemand ont par ailleurs confirmé la conformité des produits testés aux standards internationaux, notamment en ce qui concerne l’absence de contaminants.
L’enquête a toutefois relevé certaines insuffisances dans le système de gestion de la qualité de l’entreprise, notamment dans la gestion des stocks, la traçabilité des matières premières et l’actualisation de la documentation qualité.
Parallèlement, le comité a pointé des faiblesses dans la conduite des inspections menées par l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), évoquant des incohérences dans les rapports et l’absence de prélèvements d’échantillons avant la décision de retrait des produits du marché.
En conclusion, le ministère de la Santé se veut rassurant : aucun risque sanitaire avéré n’a été démontré pour les utilisateurs. Des mesures correctives sont toutefois prévues afin de renforcer le cadre réglementaire, améliorer les contrôles et consolider la sécurité sanitaire des produits d’hygiène au Sénégal.
OG

