Lutte contre le paludisme au Sénégal : 90% des districts sanitaires en phase de pré-élimination

Le Sénégal affiche des progrès spectaculaires dans sa lutte contre le paludisme. Lors d’une table ronde stratégique à Dakar, les autorités sanitaires ont annoncé que 90% des districts du pays ont atteint la phase de pré-élimination, avec une baisse de moitié de la mortalité entre 2024 et 2025. Un cap décisif qui rapproche le pays de son objectif d’éradication totale d’ici 2030, malgré la persistance d’un foyer critique dans le Sud-est.

Le Sénégal a franchi d’importantes étapes dans la lutte contre le paludisme, avec 90% de ses districts sanitaires ayant désormais atteint la phase de pré-élimination, a indiqué, jeudi à Dakar, le sirecteur général de la Santé, Youssouph Tine. «Sur les 79 districts sanitaires que compte le pays, 90% sont en pré-élimination, c’est-à-dire qu’ils enregistrent moins de cinq cas de paludisme pour 1000 habitants par an dans leur zone de responsabilité», a-t-il déclaré à l’ouverture d’une table ronde stratégique nationale consacrée à l’élimination de cette maladie à l’horizon 2030.

Les résultats ainsi enregistrés sont le fruit des efforts consentis depuis plusieurs années par l’Etat du Sénégal, les agents de santé, les communautés, ainsi que les partenaires engagés dans la lutte contre cette maladie, a indiqué M. Tine lors de cette rencontre à laquelle prennent part des autorités sanitaires, des représentants de partenaires techniques et financiers, du secteur privé et des organisations de la Société civile. Il a annoncé qu’à l’issue de cette table ronde, une feuille de route sera élaborée et des engagements seront pris par le secteur privé afin de mobiliser 20% de l’enveloppe financière nécessaire à la mise en œuvre du Plan stratégique national d’élimination du paludisme (2026-2030).

Le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), le professeur Aliou Thiongane, a lui aussi relevé les progrès enregistrés ces dernières années. S’appuyant sur le Bulletin épidémiologique annuel 2025 du programme, il a indiqué que l’incidence du paludisme est passée d’environ 23 cas pour 1000 habitants en 2024 à 12 cas pour 1000 habitants en 2025. «Sur les 79 districts sanitaires que compte le pays, 73 sont en phase de pré-élimination. La mortalité a également suivi la même tendance, passant de 314 décès en 2024 à environ 150 décès en 2025», a-t-il précisé.
Pour le responsable du Pnlp, ces résultats montrent que «la maladie est en train d’être maîtrisée» et que le pays peut raisonnablement envisager l’élimination du paludisme d’ici à 2030, à condition de maintenir les efforts engagés.
Malgré les progrès enregistrés, la zone sud-est du Sénégal reste un foyer majeur de transmission du paludisme, a déploré le professeur Thiongane, soulignant que les régions de Kolda, Kédougou et Tam­bacounda, désignées sous l’appellation «Kkt», continuent d’afficher une incidence supérieure à la moyenne nationale. «Dans ces régions, on peut enregistrer parfois 100, 200, voire davantage de cas pour 1000 habitants», a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de renforcer les interventions dans ces territoires.
Prenant part à la rencontre, le représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) au Sénégal, le docteur N’da Konan Michel Yao, a salué les progrès accomplis par le Sénégal dans sa marche vers l’élimination du paludisme. Il a rappelé que plus de 90% des districts sanitaires du pays avaient atteint le stade de pré-élimination, tout en insistant sur la nécessité de maintenir les investissements au moment où le Sénégal aborde «le dernier kilomètre» vers l’élimination de la maladie.

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