Relance du Parti socialiste : «Doundal Ps» dénonce la démarche de Aminata Mbengue Ndiaye

Alors que le Parti socialiste sénégalais tente de panser ses plaies à travers une Commission de relance, une fracture profonde apparaît au grand jour. Les initiateurs du manifeste «Dundal Ps» dénoncent une «culture du secret» et une tentative de confiscation du pouvoir par l’appareil central, mettant en péril l’unité d’une formation historique en quête de second souffle.

Par Justin GOMIS – Le vieux lion socialiste est-il en train de s’étouffer dans ses propres procédures ? C’est en tout cas le sentiment qui émane du dernier communiqué de presse publié ce mardi par les initiateurs du manifeste «Dundal Ps-Faire revivre le Ps». Ce document, empreint d’une gravité certaine, lève le voile sur les tensions qui rè­gnent au sein de la Com­mis­sion dite de relance du parti.

Le rapport de la discorde

Au cœur du conflit : un document qui n’existe, pour l’instant, que de manière spectrale. Selon les frondeurs de «Dundal Ps», la Commission de relance refuse obstinément de transmettre son pré-rapport par écrit, se contentant de simples présentations orales. Ce refus est perçu comme une «contradiction manifeste» avec les directives du Secrétariat exécutif national (Sen), qui avait exigé un examen approfondi de la pièce.
Pour les signataires du manifeste, ce n’est pas un simple retard administratif. Ils y voient une manœuvre délibérée visant à soustraire à l’analyse collective les trente-trois con­clusions censées engager l’avenir du parti. En d’autres termes, on demanderait aux militants d’avaliser un projet de renaissance sans en connaître les fondements, les débats, ni même les points de divergence.

Une «relance en trompe-l’œil» ?

Le diagnostic de «Dundal Ps» est sévère : le parti affronte une «crise existentielle». Face à l’aspiration d’une base militante réclamant une gouvernance renouvelée et un leadership légitimé par la démocratie, l’appareil semble répondre par des «ajustements cosmétiques». Les critiques formulées contre la direction actuelle sont particulièrement pointues, notamment une concentration des pouvoirs considérée comme une dérive qui renforcerait les prérogatives au sommet au détriment de la base ; une marginalisation des forces vives, notamment les jeunes et les femmes relégués à une place périphérique. Et une absence de réforme structurelle : le mouvement dénonce un simple «relooking d’appareil» sans réelle volonté de transformer les modalités de décision. «Subs­tituer à la culture du débat loyal une culture de la rétention et du secret revient à confisquer la relance, au lieu de la mettre au service de tous.»

L’unité du parti sur le fil du rasoir

Malgré la virulence des propos, les initiateurs de «Dundal Ps» affirment vouloir préserver l’unité de la maison verte. Ils révèlent avoir, jusqu’à présent, retenu la publication de certaines analyses critiques, et suspendu leurs visites à la base pour laisser une chance au dialogue interne. Mais le temps de la retenue semble révolu. En appelant solennellement les militants et sympathisants à refuser cette «relance en trompe-l’œil», le mouvement franchit une étape dans le rapport de force. Ils exigent désormais une transparence totale, le respect des décisions du Se­crétariat exécutif national et une «refondation courageuse».
L’enjeu dépasse les simples querelles de chapelle. Pour «Dundal Ps», il s’agit de rendre au Parti socialiste sa «mission historique au service du Peuple sénégalais». La balle est désormais dans le camp de la Commission de relance et de la direction du parti : choisiront-elles l’ouverture de­mandée ou s’enfermeront-elles dans ce que les contestataires appellent une «recomposition silencieuse des rapports de pouvoir» ?

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