Keur Massar : le Conseil départemental et les populations s’unissent pour sauver le littoral

Le département de Keur Massar fait face à un défi écologique de taille : la protection de sa façade maritime. Samedi dernier, le Conseil Départemental a organisé une journée de réflexion et de partage dédiée au projet de réhabilitation et de stabilisation des dunes de la côte Nord. 

Ce projet, soutenu par la coopération espagnole (AECID) et la Direction des Eaux et Forêts, vise à instaurer une barrière verte entre l’océan et les habitations.

Après deux ans de mise en œuvre, les résultats sont jugés très satisfaisants par les techniciens. Le projet affiche un taux de réalisation de 90 %. Samba DIAW, coordinateur du projet, souligne l’importance des infrastructures déjà en place.

« Nous avons rencontré les représentants des OCD pour leur expliquer et leur faire l’historique et les réalisations que nous avons vues à réaliser dans les 24 mois à travers ce projet financé par la coopération espagnole au Sénégal.  Actuellement, le niveau d’avancement du projet est au terme de réalisation jusqu’à 90% de réussite à travers l’implantation de 12 ilots verts, la réalisation de deux pépinières communautaires à Yeumbeul Nord et à Malika », s’est-il réjoui.

Un bilan technique prometteur

Il a par ailleurs salué la collaboration avec le secteur forestier de Keur Massar sous la direction du commandant Seynabou Diop FALL.

Pour le Lieutenant Nicolas SAGNA, ingénieur des travaux des Eaux et Forêts, l’objectif est avant tout préventif. 

« L’installation de 12 îlots verts sur 4 km pou2r un total de 20 000 plants de filaos a pour objectif de créer un écran vert entre le littoral et les habitations afin de lutter contre l’érosion côtière. Nous avons aussi formé 75 femmes et jeunes sur les nouvelles techniques de production maraîchère avec les cultures hors-sol », a-t-il détaillé.

L’objectif est d’embellir « les axes routiers, les artères des quartiers, les espaces publics, les écoles et les alentours des terrains de loisirs. Également de fournir un micro-climat et réduire les îlots de chaleur en ville, atténuer la pollution atmosphérique, réduire les inondations etc ».

L’éducation environnementale, gage de pérennité

Cependant, selon lui, les problèmes rencontrés sont la divagation du bétail, le dallage des trottoirs, manque d’espaces pour les arbres, l’urbanisation galopante, les occupations de la voie publique par les places d’affaires.

Au-delà des plantations, le projet mise sur la jeunesse pour assurer l’avenir. Des visites scolaires et des concours environnementaux ont été organisés pour sensibiliser les élèves de Malika et Yeumbeul Nord aux enjeux du réchauf8fement climatique et de l’urbanisation. Des « bois écoles » et des fresques de sensibilisation ont également été réalisés pour ancrer ces concepts dans le quotidien des écoliers.

« Nous souhaitons développer une fibre environnementale chez les plus jeunes, les élèves doivent être soucieux de l’environnement ; parce que dans l’avenir, ils seront les écocitoyens. L’objectif en résumé c’est l’éveil de conscience souhaité pour faire face aux défis environnementaux », a ajouté l’ingénieur forestier.

Le plaidoyer pour une approche communautaire

Malgré ces avancées, les bénéficiaires plaident pour une implication encore plus profonde des populations à la base. Waly FAYE, président du co2nseil de quartier de l’unité 12 à Diakhaye Parcelles, a insisté sur la nécessité de co-construireles projets avec les citoyens.

« Il faut qu’on rompe avec le modèle de projet qui va d’en haut vers le bas. Il faut qu’on commence par discuter avec les communautés de base pour savoir quelles sont leurs activités, leurs visions et leurs problèmes. Cela permettra que le projet soit en parfait alignement avec les besoins des communautés. »

M. FAYE a cité en exemple son propre quartier, où chaque maison doit posséder au moins un arbre et où les résidents ont mobilisé 1,4 million de FCFA en une seule journée pour des actions de reboisement citoyen.

Si le projet rencontre des succès réels, il doit encore faire face à des obstacles majeurs tels que la divagation du bétail, l’urbanisation galopante et l’occupation des voies publiques. 

Liboire SAGNA
WALFADJRI

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