Gestion des eaux pluviales et adaptation au changement climatique : Les nouvelles priorités du Progep II
Pour atteindre les objectifs de développement de la deuxième phase du Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (Progep II), le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre appelle à se concentrer sur d’autres priorités. «Premièrement, nous devons étendre la couverture des infrastructures de drainage. Deuxièmement, renforcer les capacités institutionnelles. Cela consistera à appuyer les municipalités et l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) dans la gestion et l’exploitation des infrastructures. Troisièmement, consolider l’appropriation communautaire. Le renforcement des Comités locaux de gestion des eaux pluviales (Coligep) et leur transformation en coopératives formelles pour l’exploitation et la maintenance des infrastructures secondaires constituent une priorité. Quatrièmement, intégrer la planification urbaine et la résilience aux chocs environnementaux.
Enfin, améliorer les conditions de vie dans les quartiers vulnérables. Au-delà du drainage, le projet continuera d’investir dans l’aménagement d’espaces publics, la réhabilitation de voiries et l’amélioration de l’accès aux services de base. Quand les infrastructures fonctionnent, les économies locales se renforcent», a soutenu, mercredi, Ousmane Diagana, en visite à Keur Massar pour s’enquérir des ouvrages réalisés dans le cadre de ce projet. Il considère que «le chemin parcouru par le Progep II à Keur Massar et dans l’ensemble du Dakar périurbain se construit collectivement, sur le terrain».
Le financement total mobilisé s’élève à environ 318 millions de dollars, soit plus de 175 milliards de francs Cfa, permettant de déployer des infrastructures de drainage résilientes au climat et de renforcer la planification urbaine dans les zones les plus vulnérables de Dakar. A Keur Massar, relève M. Diagana, «ce chiffre se matérialise par des routes qui, il y a encore peu, étaient impraticables pendant des mois. Il prend aussi vie à travers un bassin de rétention qui, lors de la dernière saison des pluies, a fait exactement ce pour quoi il a été conçu : absorber, retenir, protéger. Depuis le démarrage du projet, plus de 50 kilomètres de réseaux de drainage primaires et secondaires ont été mis en place dans les communes de Keur Massar Nord, Keur Massar Sud et Jaxaay-Parcelles. Plus de 30 km de routes ont été pavés. Environ 1330 hectares ont été protégés contre les inondations récurrentes, bénéficiant à 220 000 personnes dans la région de Dakar».
Le maire de Keur Massar a ainsi exprimé sa reconnaissance envers la Banque mondiale et ses partenaires. «Keur Massar a longtemps été associée aux inondations. Aujourd’hui, grâce à ces investissements massifs, notre commune vit un tournant historique», témoigne Abdou Aziz Diané. L’édile a salué ces réalisations «structurantes et durables» qui, selon lui, redonnent espoir aux populations. «Les habitants retrouvent la stabilité, les commerçants reprennent leurs activités et les investisseurs reviennent. C’est toute l’économie locale qui respire à nouveau», a-t-il insisté.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – [email protected]

