Rigueur et transparence budgétaire : Le gouvernement veut serrer la vis
Face à un déficit budgétaire et un endettement public élevés, le ministère des Finances et du budget a publié une circulaire rigoureuse encadrant l’exécution des dépenses pour l’année 2026. Entre plafonnement des effectifs et traçabilité accrue, l’Etat s’engage dans une phase d’assainissement profond des finances publiques pour garantir la souveraineté économique du pays.
L’heure est à la rationalisation. Dans un document adressé aux présidents d’institutions et aux ministres, le ministère des Finances et du budget définit les nouvelles règles du jeu pour l’exercice 2026. L’objectif est clair : rétablir les équilibres macro-budgétaires tout en finançant les priorités de l’Agenda national de Transformation «Sénégal 2050».
Un cadre de gestion sous haute surveillance
La Loi de finances 2026 met un accent particulier sur la maîtrise de la masse salariale. Pour la première fois, des plafonds d’emplois par ministère et institution constitutionnelle sont instaurés afin de freiner la «dérive» des dépenses de personnel. L’Etat exige également une amélioration de la «sincérité et de la traçabilité» des dépenses, pointant du doigt des pratiques antérieures d’imputations budgétaires incorrectes qui nuisaient à la lisibilité des comptes publics.
Des acteurs responsabilisés
Avant même le début des opérations, les ordonnateurs principaux doivent désormais procéder à la nomination formelle des acteurs de la chaîne de dépense : gestionnaires de crédits, membres des commissions des marchés et régisseurs. Les gestionnaires de crédits sont désormais tenus de désigner systématiquement un suppléant pour éviter tout blocage administratif. Pour les commandes publiques, les membres des commissions des marchés doivent être nommés avant le 5 janvier 2026 et choisis pour leur compétence avérée, excluant les agents des structures de contrôle interne.
Vers une exécution budgétaire plus agile mais encadrée
Le document précise également les modalités de reports de crédits. Bien que l’annualité budgétaire reste la règle, des dérogations limitées à 5% des crédits initiaux sont permises pour les dépenses d’investissement, sous réserve de ne pas compromettre l’équilibre budgétaire global. Enfin, pour éviter l’accumulation de dettes envers les fournisseurs, le ministère insiste sur le réengagement prioritaire des dépenses de 2025 dont le service a été fait, mais qui n’ont pas encore été payées. Cette circulaire marque une étape décisive dans le Plan de redressement économique et social (Pres). En imposant une discipline stricte aux ordonnateurs de crédits, le Sénégal espère restaurer ses marges de manœuvre financières et assurer une croissance soutenable à l’horizon 2029.

