Grève du G7 à Kolda : Un mouvement massivement suivi, l’école paralysée au Fouladou
Le système éducatif a tourné au ralenti ce mardi dans la capitale du Fouladou. En réponse au mot d’ordre de grève décrété par le G7 (le cadre regroupant les sept syndicats les plus représentatifs de l’enseignement élémentaire et moyen-secondaire), les enseignants de Kolda ont massivement déserté les salles de classe, plongeant élèves et parents dans une profonde inquiétude.
Les «décisionnaires» au cœur des revendications
Le point de friction majeur reste la situation précaire des enseignants décisionnaires. Ces agents dont le seul «tort» est d’avoir réussi leurs examens professionnels après l’âge de 35 ans, se voient privés du statut de fonctionnaire. Le G7 pointe du doigt la responsabilité de l’Etat : retards administratifs. Le syndicat estime que si ces enseignants ont dépassé la limite d’âge, c’est en raison de la lenteur des services compétents dans l’organisation des examens et la publication des arrêtés d’admission définitive. Bien que le nouveau régime ait manifesté une volonté d’améliorer leurs conditions de vie, le G7 exige désormais un acte concret : un nouveau statut juridique et social pour ces milliers d’agents.
Une plateforme revendicative diversifiée
Au-delà du dossier des décisionnaires, le débrayage de ce matin vise à rappeler au gouvernement le respect des accords signés «depuis belle lurette». Les griefs sont nombreux : la signature de décrets en instance par le président de la République, l’octroi de parcelles (viabilisées ou non) pour faciliter l’accès au logement, les retards récurrents de paiement des salaires pour les enseignants contractuels.
Des conséquences lourdes pour les apprenants
Dans les rues de Kolda, le spectacle est désolant. Du préscolaire au moyen-secondaire, les élèves, livrés à eux-mêmes, errent dans les ruelles du Fouladou. Si certains s’en réjouissent, l’angoisse domine chez les élèves des classes d’examen (Bfem, Baccalauréat). Ces derniers appellent à une reprise immédiate des cours, craignant que ces perturbations ne compromettent leurs chances de réussite en fin d’année.
L’appel au dialogue des parents d’élèves
Face à cette paralysie qui risque de s’intensifier -le G7 prévoyant une grève totale ce mercredi sur l’ensemble du territoire national-, les familles tirent la sonnette d’alarme. «Nous craignons une baisse drastique du quantum horaire», s’inquiète Alassane Boiro, président de l’Association régionale des parents d’élèves. Il appelle solennellement le gouvernement et les syndicats à s’asseoir autour de la table de négociation pour préserver l’avenir des enfants.
Le bras de fer est engagé. Reste à savoir si l’appel au dialogue sera entendu avant que l’année scolaire ne soit durablement hypothéquée.
Par Aladji BADJILANG – [email protected]

