Microfinance – Activités des institutions au 3e trimestre 2025 : Le taux de crédit en souffrance ressorti à 8, 8%
La qualité du portefeuille des institutions de microfinance s’est détériorée au cours du troisième trimestre 2025, avec un taux de crédit en souffrance ressorti à 8, 8%, se situant largement au-dessus de la norme de 3% maximum. Les autres indicateurs ont cependant évolué positivement.
Par Dialigué FAYE – «Au troisième trimestre 2025, l’encours des crédits en souffrance est ressorti à 73, 2 milliards de francs Cfa, soit une hausse de 4% par rapport au trimestre précédent et de 29, 9% sur une base annuelle», selon la dernière Note sur la situation de la microfinance au Sénégal de la Direction de la réglementation et de la supervision des Systèmes financiers décentralisés (Drs-Sfd).
Ainsi, précise ce démembrement du ministère des Finances et du budget, «le taux de créance en souffrance a progressé de 0,1 point de pourcentage pour ressortir à 8, 8%, ce qui se situe au-dessus de la norme réglementaire de 3%.
La dégradation de la qualité du portefeuille de crédit observée sur la période s’explique principalement par la hausse du taux de crédits en souffrance chez les personnes physiques estimée à 11, 8%. Toutefois, cette détérioration contraste avec l’amélioration notée du côté des personnes morales où le taux de crédit en souffrance a reculé de 13%, traduisant une évolution différenciée du risque de crédit selon le profil des emprunteurs».
Toutefois, relève la Drs-Sfd, les autres indicateurs ont évolué positivement durant cette période sous revue.
Production de crédits
Le montant des crédits octroyés a enregistré une légère hausse de 0, 4% par rapport au trimestre précédent, pour s’établir à 216, 4 milliards de francs Cfa.
Cette évolution s’explique, d’après le document, «par une hausse simultanée des financements octroyés aux hommes de 0, 9 % et aux personnes morales, 4, 7 %, tandis que les financements en direction des femmes accusent une baisse de 4, 8% par rapport au trimestre précédent.
Selon la forme juridique, la progression des financements des Imf se limite aux sociétés anonymes avec un bond de 5, 9%, tandis que les Imcec affiliées et non affiliées enregistrent des replis respectifs de 3, 8 % et 7, 6% sur la période sous revue, traduisant une dynamique contrastée selon les statuts.
Comparée à la même période de l’année précédente, la production de crédit a augmenté de 14, 1%, soit un surplus de 26, 8 milliards de francs Cfa».
Amélioration de l’encours de crédit
Pour l’encours de crédit, il s’est établi à «828, 5 milliards de francs Cfa au troisième trimestre 2025, soit une hausse de 2, 5% par rapport au trimestre précédent. Cette évolution est consécutive aux relèvements concomitants des financements accordés aux hommes de 1, 2%, aux femmes, 3, 3%, et aux personnes morales, 5, 7%, au cours de la période sous revue.
Sur une base annuelle, l’encours de crédit des Imf a connu une croissance de 11%, soit 82 milliards de francs Cfa.
L’encours des crédits sains, au terme du troisième trimestre 2025, est ressorti à 762, 2 milliards de francs Cfa, soit une croissance de 3, 4% par rapport au trimestre précédent. Cette situation découle de la progression des crédits sains à moyen terme évaluée à 15, 5%, tandis que les crédits sains à court et long termes enregistrent respectivement des baisses de 5, 8% et 0, 5% sur la période sous revue.
Sur le plan macroéconomique, le taux de financement de l’économie par les Imf est ressorti à 5% du Pib au troisième trimestre 2025.
L’encours de crédit représente 10, 8% du crédit à l’économie, soit une progression de 0, 2 point de pourcentage sur la période», note le document.
Fonds propres des Imf
Les fonds propres sont passés «de 220, 5 milliards de francs Cfa au 2ème trimestre 2025, à 221, 9 milliards de francs Cfa au 3ème trimestre 2025, soit une légère hausse de 0, 6%. Cette situation est imputable à une progression simultanée des fonds propres détenus par les Imcec affiliées de 0, 8%, les sociétés anonymes, 0, 9%, et les Imcec non affiliées, 4, 6%.
En variation annuelle, les fonds propres des Imf se sont accrus de 2, 2%, traduisant une hausse de 4, 7 milliards de francs Cfa sur la période considérée».
Emprunts des Imf
Relativement aux emprunts des imf, le montant s’est établi à «187, 8 milliards de francs contre 175, 7 milliards de francs au trimestre précédent, soit une hausse de 6, 9%. Cette situation découle essentiellement d’une progression des emprunts à terme de 8, 2% sur la période sous revue.
La dynamique des emprunts observée sur la période considérée est principalement soutenue par les Imf de type Imcec affiliés enregistrant une hausse de 17, 7% et les sociétés anonymes, 3, 4%». A l’inverse, précise la Drs, «les Imcec non affiliés enregistrent une contraction de 10, 8%, traduisant une évolution contrastée selon les catégories d’Imf.
Comparativement à la même période de l’année 2025, les financements reçus par les Imf ont progressé de 30, 9%, ce qui correspond à une augmentation de 44, 4 milliards de francs».
Augmentation des dépôts
L’encours des dépôts a connu aussi «une hausse de 2, 9% par rapport au trimestre précédent en se situant à 624, 4 milliards de francs Cfa. Cette évolution est consécutive à la progression simultanée de 3, 6% des dépôts à vue, de 2, 0% des dépôts à terme et de 2, 6% des autres dépôts.
Les dépôts des hommes et des femmes, qui représentent respectivement 52% et 26% de l’encours total, ont enregistré une progression de 3, 7% et 2, 1%, s’établissant à 323, 7 milliards de francs pour les hommes et 162, 2 milliards de francs pour les femmes sur la période sous revue.
Quant aux personnes morales, elles concentrent 22% de l’encours total.
Leurs dépôts ont également progressé de 2% par rapport au trimestre précédent pour ressortir à 138, 5 milliards de francs.
Sur une base annuelle, les dépôts ont augmenté de 58, 8 milliards de francs, soit une croissance de 10, 4% sur la période.
Sur le plan macroéconomique, l’encours total des dépôts, au 3ème trimestre 2025, correspond à 3, 8% du Pib et à 6, 9% des dépôts bancaires, soit un accroissement de 0, 1 point de pourcentage par rapport au trimestre précédent.
S’agissant des dépôts à vue qui correspondent à 1, 8% du Pib, il est noté une constance de leur part par rapport au Pib sur la période sous revue.
Quant aux dépôts à terme, ils représentent 1, 4% du Pib et leur part du Pib est ressortie invariable sur la période».
Le nombre de membres et clients a légèrement progressé de 0, 3% atteignant 4 648 311, positionnant le taux d’inclusion financière du secteur de la microfinance à 20, 5%.

