Au Burundi, le quotidien difficile des réfugiés congolais

Les déplacés congolais vivent avec une nourriture qui n’est pas suffisante et des conditions d’hygiène inadéquates.

Installés dans des sites de transit à Bujumbura et toujours dans l’attente d’une relocalisation, ces déplacés dénoncent des conditions de vie difficiles. Faute de nourriture suffisante, de conditions d’hygiène adéquates et de moyens pour subvenir aux besoins de leurs familles, ils n’ont pratiquement pas célébré le passage à la nouvelle année.

Les quatre sites de transit accueillant les réfugiés congolais destinés à l’enregistrement et à l’assistance avant leur relocalisation vers des camps définitifs se vident progressivement depuis deux semaines.

Impossible de célébrer les fêtes

Matené, chef de famille et père de huit enfants, fait partie des derniers occupants du site de Gatumba. Pour lui, il était impossible de célébrer les fêtes sans la paix dans l’âme.

« Chez nous, on célébrait Noël et le Nouvel An dans la paix » se souvient-il. Outre la viande de « chèvres ou des poulets » qu’ils pouvaient s’offrir, le chef de famille assure également qu’il pouvait aussi « acheter de nouveaux habits pour les enfants, partager un verre et aller à l’église pour louer le Seigneur. »

Comme Matené, Winny Mwapesa et Matilde Kazadi vivent aujourd’hui dans le dénuement le plus total. Elle se souviennent avec nostalgie des fêtes de fin d’année célébrées chez elles.

« On célébrait Noël à l’église par la prière et l’adoration. En rentrant à la maison, on mangeait de la pâte avec de la viande, du riz et des haricots. On buvait des limonades et d’autres boissons sucrées… » raconte l’une et l’autre se souvient comment ellles allaient « au marché acheter du riz et des haricots », comment « on cuisinait et on mangeait avec les enfants. Tout se passait bien, on mangeait à satiété. »

La volonté de célébrer était toujours là en 2025, mais les conditions de vie dans les sites de transit ne l’ont pas permis. Devant sa maisonnette de fortune, une tente posée sur des branches d’arbres, Marie Kabongo évoque son incapacité matérielle à célébrer Noël et le Nouvel An.

« Je cherche comment nourrir mes enfants, sans succès. Je n’ai même pas cent francs, pas d’habits, pas d’abri. Comment célébrer dans ces conditions ? Un enfant sans habits ni chaussures, comment peut-il fêter ? » s’interroge la mère de famille.

Des besoins multiples

La relocalisation vers le camp définitif de Ruyigi, situé à environ 250 kilomètres de Bujumbura, apparaît comme une nécessité. Mais les conditions de vie sur place inquiètent déjà les réfugiés. Benjamin Mujumbra, représentant des réfugiés du site de Kasenga, lance un appel.

« Nous avons besoin de maisons d’habitation pour que chacun ait un abri, d’une aide alimentaire et surtout d’eau potable. Même nos amis déjà installés au camp de Ruyigi manquent cruellement d’eau potable » assure-t-il.

Le manque ou l’insuffisance d’eau potable dans les sites et les camps pose déjà un sérieux problème sanitaire, avec des cas de décès liés au choléra. Selon l’ONU, plus de 100 000 réfugiés congolais ont trouvé refuge au Burundi en décembre dernier.

Parallèlement à la relocalisation, certains réfugiés tentent de retourner dans certaines localités du sud d’Uvira, où une relative accalmie est observée.

Auteur: Antéditeste Niragira – MSN.COM

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