Ukraine: l’Europe continue de chercher une réponse commune à une «menace existentielle» russe
Le président français Emmanuel Macron a poursuivi, mercredi 19 février, ses consultations avec ses partenaires européens pour trouver une posture commune sur l’Ukraine et la défense collective, alors que Donald Trump et Vladimir Poutine se préparent à une rencontre au sommet pour normaliser leurs relations.
Par :RFI avec AFP
Après un premier mini-sommet informel lundi à l’Élysée avec sept pays européens, dont le Royaume-Uni, Emmanuel Macron a réuni 19 chefs d’État et de gouvernement de pays membres de l’UE ou de l’Otan (Norvège, Canada, Islande) en visioconférence peu après 16h (15h TU), a indiqué l’Élysée.
Seuls le président roumain par interim, Ilie Bolojan, dont le pays est secoué par une crise politique depuis l’annulation de la présidentielle remportée au premier tour par l’extrême-droite pro-russe, et le Premier ministre luxembourgeois, Luc Frieden, étaient présents.
« Menace existentielle pour les Européens »
Les chefs d’État et de gouvernement des trois États baltes, Chypre, la Finlande, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, l’Irlande, l’Islande, le Portugal, la Suède, la Slovénie et la République tchèque étaient en distanciel, de même que le Premier ministre canadien Justin Trudeau. Le président français a promis de s’entretenir avec les Vingt-Sept d’ici la fin de la semaine. Seules la Hongrie, la Slovaquie, tous deux réputées prorusses, l’Autriche et Malte n’ont pour l’heure pas participé aux échanges.
Lundi, Emmanuel Macron avait rassemblé les poids lourds de l’UE, ainsi que le Royaume-Uni, en première ligne sur le dossier ukrainien et qui effectue progressivement son retour sur la scène européenne. Signe d’un réel sentiment d’urgence, lundi, « il y a eu une très forte convergence pour dire que la Russie constitue une menace existentielle pour les Européens », a martelé le chef de l’État dans un entretien avec la presse régionale.
Le Danemark prévoit sept milliards d’euros de dépenses militaires sur deux ans
Les pays partenaires de l’Ukraine cherchent encore une réponse commune, mais ça ne les empêche pas d’agir à leur échelle à l’image du Danemark, qui vient de dégager une enveloppe de près de 7 milliards d’euros pour muscler son armée dans les deux prochaines années. « Le Danemark est l’un des principaux pays européens en termes de soutien économique et politique à l’Ukraine pour assurer que l’Ukraine reçoive du financement pour ses armes, ses avions, rappelle le chercheur Johan Grone Christensen, du Centre d’études militaires de l’Université de Copenhague. Les politiques danois n’ignorent pas que la Russie a remarqué les gestes du Danemark. Le Danemark n’est pas une nation de première ligne de l’Otan, juste aux frontières de la Russie, mais étant donné son activité et son vaste réseau logistique, il existe de nombreux endroits où la guerre hybride russe pourrait éventuellement constituer une menace contre les intérêts et les infrastructures danoises ».
Outre le consensus sur la menace russe, les débats sont vifs en Europe sur les réponses à lui apporter, notamment entre partisans et adversaires d’un déploiement militaire en Ukraine pour faire respecter une éventuelle fin des combats.
À Bruxelles, les ambassadeurs des 27 ont approuvé mercredi un 16e paquet de sanctions contre la Russie. Dans le même temps, Washington a semblé vouloir rassurer les Européens sur le fait qu’un accord ne se ferait pas totalement sur leur dos. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a convenu que l’UE aurait bien sa place à la table des négociations, ne serait-ce que sur la question des sanctions.
SOURCE RFI.FR