Crash d’Ethiopian Airlines, la colère des familles contre Boeing reste intacte

 Le cinquième anniversaire du crash du vol d’Ethiopian Airlines reliant Addis-Abeba à Nairobi, qui a fait 157 morts le 10 mars 2019, a été célébré par les familles dans l’intimité, au cours d’une cérémonie virtuelle. Si les causes du crash ont bien été identifiées par l’enquête diligentée à Addis-Abeba – la défaillance d’un logiciel de stabilisation de l’appareil –, le dossier n’est pas tout à fait refermé sur le front judiciaire. Le constructeur américain a en effet reconnu être au courant de l’existence de ce problème qui a été sciemment caché aux autorités de contrôle aéronautique américaines.

En janvier 2021, Boeing a paraphé un accord avec le Département de la justice. Son objet ? Permettre à l’avionneur américain d’échapper à des poursuites judiciaires en échange de la reconnaissance de sa responsabilité dans une entreprise de « fraude » et du paiement de 2,5 milliards de dollars – combinaison d’amende et d’indemnisations aux familles de victimes et compagnies aériennes clientes de l’appareil.

Best-seller dans la tourmente

Le constructeur s’engageait par ailleurs à améliorer la sécurité de ses avions. Le 7 janvier 2024, cet accord est arrivé à son terme. Les autorités judiciaires ont désormais six mois, d’ici le 7 juillet 2024, pour dire si le contrat a été respecté – synonyme d’une clôture du dossier – , ou, au contraire, s’il y a lieu de renvoyer Boeing devant les tribunaux.

Le  737 MAX est un des best-sellers de Boeing, notamment en Afrique. Ethiopian Airlines mais aussi le nigérian Air Peace en ont commandé plusieurs exemplaires. Fin 2023, le pavillon éthiopien a même renouvelé sa confiance à ce modèle en passant une commande ferme de vingt nouveaux appareils. D’autres compagnies, comme Turkish Airlines ou les low-cost Ryanair et FlyDubai, les utilisent notamment pour desservir des destinations africaines.

Or, en janvier 2024, un nouvel incident qui s’est produit avec une variante du 737 MAX a replongé Boeing dans la tourmente. De quoi donner du grain à moudre aux familles des victimes du crash du vol ET 302, toujours vent debout contre Boeing. Leur but : faire en sorte que cet appareil soit cloué au sol pour une révision complète sous le contrôle strict des autorités aéronautiques américaines.

Article de Emeline Wuilbercq, Nelly Fualdes

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