Après plus de deux ans de silence: Retour du temps Seck
Un «sursaut national» ! C’est l’appel que Idrissa Seck a lancé hier. L’ancien Premier ministre refuse de choisir entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Il se pose en recours face aux deux anciens alliés.
Par Malick GAYE – Le constat est sévère. «Le Sénégal est aujourd’hui méconnaissable», a déclaré Idrissa Seck. Qui évoque la dégradation des notes économiques du pays, un tissu social «déchiré» et un débat public marqué par les menaces et les insultes. Selon l’ancien Premier ministre, «plus grave que la crise économique, c’est la crise institutionnelle qui menace de bloquer le pays».
Après deux ans et demi de silence, Idrissa Seck est revenu sur le devant de la scène. Le président du parti Rewmi s’est exprimé ce mardi 27 octobre 2026, lors d’un point de presse très attendu. Il explique avoir gardé le silence depuis la Présidentielle de mars 2024 par respect pour le choix des Sénégalais, et pour laisser aux nouvelles autorités le temps de faire leurs preuves.
Sur la rupture entre le Président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, limogé de la Primature le 22 mai et aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, l’ancien Premier ministre ne choisit pas de camp. Il les renvoie dos à dos et leur reproche d’avoir conduit le pays dans l’impasse pour des «questions de politique politicienne». Les deux hommes avaient promis la rupture, rappelle-t-il. Elle est bien là, mais ce n’est pas celle qu’il attendait : «Une rupture entre Sénégalais qui s’insultent à coups de «mouton» et de «Kuluna», une rupture diplomatique, une rupture avec les partenaires économiques.»
Idrissa Seck écarte aussi tout ralliement. Il ne rejoindra ni Kiiraay ni Pastef. Il propose une autre voie, celle de la mobilisation de la classe politique, de la Société civile, des syndicats, du secteur privé et des citoyens. «Nous appuyons la volonté de construire un véritable cordon sanitaire contre le populisme trompeur, porteur de germes destructeurs pour notre pays», a-t-il affirmé. Pour lui, «la profondeur de la crise appelle un véritable sursaut national pour sauver la République et les institutions». Il a salué la mobilisation de nombreux Sénégalais, dans le pays comme dans la diaspora, ainsi que l’implication des jeunes et des femmes. Puis il a conclu : «Le moment est venu de redonner la parole au Peuple et de l’accompagner dans sa volonté clairement perceptible de mettre fin à l’aventure populiste.» Avant d’ajouter : «Nous entendons y prendre toute notre part, aux côtés de nos partenaires du Front pour la défense de la République.»

