Guerre hybride: l’Otan va avertir la Russie en cas d’attaque et exposer sa « théorie de la victoire »
Le général Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces de l’Otan en Europe, va avertir la Russie sur les conséquences d’une éventuelle attaque, ce lundi 12 octobre au cours d’une conférence sur la sécurité à Varsovie. Depuis quelques mois, les craintes autour d’une guerre « hybride » s’accentuent.
Par – Lorène Bienvenu avec agences
Alors que les inquiétudes grandissent face à la menace russe, le commandant suprême des forces de l’Otan en Europe, le général américain Alexus Grynkewich, va adresser un avertissement à Moscou concernant la capacité de l’Alliance atlantique à contrer toute attaque, ce lundi 12 octobre. Cette « théorie de la victoire » détaille la meilleure façon de battre la Russie en cas d’attaque de cette dernière, selon un porte-parole de l’Otan. Le général Grynkewich exposera ce plan lors d’une conférence sur la sécurité à Varsovie, en Pologne.
L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) cherche à adresser un message à Moscou pour qu’elle mette fin à ce que des responsables occidentaux décrivent comme une campagne « hybride » de sabotages et d’ingérences visant les soutiens de l’Ukraine dans sa guerre face à la Russie. Depuis quelques mois, les craintes s’amplifient. Le Kremlin semblent intensifier ses actions après plusieurs incidents très médiatisés, notamment la découverte d’un drone chargé d’explosifs dans un aéroport allemand.
« Créer les conditions pour l’emporter en cas d’attaque«
« La théorie de la victoire du commandant suprême des forces alliées en Europe est simple: maintenir l’avantage de l’Otan, ce qui est conforme aux plans de dissuasion et de défense de l’alliance et s’appuie sur eux« , a déclaré le colonel Martin O’Donnell, porte-parole du général américain, la semaine dernière. « Mais compte tenu d’un environnement de sécurité mondial instable et complexe, nous devons dès maintenant créer les conditions pour dissuader toute agression et, si nécessaire, l’emporter en cas d’attaque« , a-t-il poursuivi, soulignant que la « théorie de la victoire » définissait un cadre permettant précisément cela.
L’Otan, fondée après la Seconde Guerre mondiale en 1949 pour contrer l’Union soviétique dissoute en 1991, protège traditionnellement de très près ses plans de défense destinés à contrer une attaque russe. L’intervention du général Grynkewich a surtout pour objectif d’envoyer un signal à Moscou et de rassurer les membres de l’Alliance atlantique partageant une frontière avec la Russie.Lire la vidéo
La Pologne et les États baltes, situés le long de ce que l’on appelle le « flanc est » de l’OTAN, sont souvent considérés comme le territoire le plus exposé de l’alliance. Mais les récents incidents impliquant des drones, les violations de l’espace aérien et les soupçons de sabotage survenus plus loin de la Russie ont suscité des inquiétudes en matière de sécurité dans toute l’Europe.
Une redéfinition de la ligne de front
Le 29 septembre, le général Alexus Grynkewich a ainsi assuré que « ces drones peuvent parcourir des milliers de miles » et que si l’un d’entre eux parvient à passer, « ce n’est pas seulement une menace pour le flanc est, c’est une menace pour l’ensemble de l’alliance, y compris jusqu’en Amérique du Nord« . Le commandant suprême de l’Otan a ajouté: « D’une certaine manière, nous sommes désormais tous des pays du flanc est. »
L’Otan répète avec insistance qu’elle est une alliance défensive et qu’elle n’a aucune intention d’attaquer la Russie. Son rôle principal est de dissuader une invasion armée venant de Russie. Mais l’Alliance a du mal à trouver comment gérer les récents incidents intervenant en zone grise, sous le seuil de ce qui est considéré comme un acte de guerre ou une opération militaire, par exemple un incendie volontaire ou un sabotage.
Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, a appelé les pays membres fin septembre à rester « calmes, continuer comme avant et soutenir l’Ukraine« . « Nous ne devons pas être naïfs (…) concernant la Russie, mais nous sommes plus forts et ils le savent« , a-t-il ajouté.
Mais cette recrudescence des activités russes survient à un moment de vulnérabilité potentielle pour l’Europe: les États-Unis procèdent actuellement à un réexamen de leur déploiement militaire sur le continent, qui pourrait mener à des réductions des effectifs américains. La décision doit être annoncée à la fin de l’année. Parallèlement, les pays européens renforcent à la hâte leurs forces armées, poussés par le doute quant à la fiabilité des États-Unis de Donald Trump.

