Élection présidentielle au Brésil : Flavio Bolsonaro devance Lula et l’affrontera au second tour

Au Brésil, le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro a créé la surprise, dimanche 4 octobre, au premier tour de la présidentielle au Brésil en devançant le président sortant de gauche Lula, qu’il affrontera au second tour le 25 octobre.

Par :RFI

Après le dépouillement de la quasi-totalité des urnes, Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, arrive en tête avec 47,06% des suffrages, contre 45,12% pour le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva. Selon la justice électorale, un second tour est mathématiquement assuré le 25 octobre prochain. Une première place inattendue, alors que Lula a fait toute la course en tête durant la campagne électorale, rapporte notre correspondant à Sao Paulo, Thierry Ogier. L’écart s’est toutefois réduit au cours des derniers jours, jusqu’à permettre à Flavio Bolsonaro de renverser la tendance et de terminer avec près de deux points d’avance.

Pour un coup d’essai, Flavio Bolsonaro n’est donc pas passé très loin du coup de maître. Il a notamment bénéficié du vote utile : les quatre autres candidats de droite ont été largement distancés et Flavio Bolsonaro a fait le plein des voix dès le premier tour. Il décroche même un meilleur score que son père Jair Bolsonaro lors des élections de 2018 et de 2022.

Flavio Bolsonaro se dit « très satisfait », Lula annonce que « le match va commencer »

Dimanche soir, le sénateur de 45 ans s’est dit « très satisfait » du résultat et confiant dans une victoire. Il a remercié ses électeurs de lui avoir accordé « un vote de confiance pour le changement », jugeant que « le Brésil n’en peut plus ». Le fils de l’ancien président d’extrême droite a promis de « libérer le peuple brésilien ». « Le Brésil a besoin de changement, le Brésil ne supporte plus tant de souffrance, tant d’impôts élevés, tant de femmes tuées, tant de persécution politique », a-t-il affirmé au moment de prendre part au vote.

Face à lui, à bientôt 81 ans, Lula brigue un quatrième et dernier mandat non consécutif et affirme que la souveraineté du Brésil est en jeu face aux pressions américaines. « Le peuple devra choisir entre le renforcement du régime démocratique et la barbarie », a lancé le président sortant après avoir voté dans l’État de Sao Paulo (sud-est). Coiffé de son habituel panama, il a brandi devant les journalistes un drapeau brésilien. Dimanche soir, Lula a reconnu un résultat « inattendu ». « Le match va commencer. Nous sommes dans les prolongations, et c’est là que nous allons convaincre le peuple brésilien. »

Un raz de marée de la droite au Congrès

L’écart réduit entre les deux candidats confirme la profonde polarisation du plus grand pays d’Amérique latine. Mais le premier tour est également marqué par un raz de marée de la droite et de l’extrême droite au Congrès, notamment au Sénat.

Plusieurs gouverneurs alliés de Bolsonaro l’ont également emporté. À Sao Paulo, Tarcisio de Freitas a ainsi été réélu avec plus de 62% des voix face à Fernando Haddad, ancien ministre des Finances et dauphin de Lula.

Si Flavio Bolsonaro l’emporte au second tour, le Brésil rejoindra la vague conservatrice qui a engrangé plusieurs victoires dans la région, notamment en Argentine, en Colombie ou au Pérou. Le président américain Donald Trump, qui a soutenu plusieurs de ces dirigeants, a dit suivre « de très près » l’élection brésilienne.

Treize candidats au total sont en lice pour ‌accéder au palais du Planalto, dans un scrutin où le vote est obligatoire pour les Brésiliens âgés de 18 à 70 ans. Outre ​l’élection présidentielle, se tiennent également les élections parlementaires visant à renouveler les 513 sièges de la Chambre ​des députés et un tiers des 81 sièges du Sénat ​composant le Congrès national. Les électeurs doivent également ​désigner les gouverneurs des 26 États et renouveler les assemblées législatives de ces derniers.

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