Mali: Ce que l’on sait sur l’attaque djihadiste de Dioura
Au Mali, l’important camp militaire de Diaoura a été pris pour cible par des combattants djihadistes, ce jeudi 10 septembre. Des dizaines de soldats maliens ont été tués et une cinquantaine enlevés, tandis que cinq militaires d’Africa Corps ont été tués. Les militaires maliens n’ont toujours pas réinvesti le camp.
Par Séraphine Charpentier – TV5.ORG
C’est ce jeudi 10 septembre que les combattants djihadistes affiliés à al-Qaïda passent à l’assaut. Leur cible: le camp militaire de Dioura, au centre du pays. Une première salve de combattants a attaqué par l’ouest la base tenue par les Forces armées maliennes (FAMa), « pour brouiller les pistes », révèle RFI.
En réalité, au même moment, d’autres combattants sont arrivés par l’est « à pied, à moto ou à bord de véhicules lourdement armés ». Ils parviennent ainsi à s’emparer du camp, l’un des plus importants de la région du centre. Les combattants ont quitté le camp après l’attaque et sont revenus le lendemain, selon un élu local contacté par l’Agence France-Presse. « L’armée n’a pas envoyé de renforts sur place », précisait cette personne.
« L’une des attaques les plus meurtrières subies par l’armée »
Le secteur avait été « quasiment bouclé » par les djihadistes plusieurs jours en amont de l’attaque, précisent nos confrères. Plusieurs dizaines de militaires de l’armée régulière sont décédés dans l’attaque. Cinq paramilitaires de la société russe rattachée au ministère de la Défense, Africa Corps, ont également été tués, d’après des informations TV5MONDE.
Il s’agit de « l’une des attaques les plus meurtrières subies par l’armée depuis une dizaine d’année », estime RFI. « Quelques dizaines » de militaires maliens ont également été faits prisonniers, détaillent nos confrères. Lire la vidéo
L’armée malienne a affirmé avoir contenu l’attaque et l’avoir repoussée. Dans un communiqué diffusé ce lundi 14 septembre, elle affirme que des opérations « aéroterrestres » et des unités déployées ont mené des actions de « recherche et de neutralisation » des djihadistes dans le secteur de Diaoura.
« Hier dimanche, des hélicoptères de l’armée faisaient la ronde dans le secteur et ont mené quelques frappes à la périphérie de la ville », a indiqué un responsable local de la société civile à l’Agence France-Presse.
Un camp déjà pris pour cible
À une cinquantaine de kilomètres de la ville, un groupe de « terroristes » camouflé sous de la végétation a notamment été « localisé, ciblé et frappé avec précision ». Des fuyards ont aussi été « poursuivis et neutralisés », révèle le communiqué des FAMa.
Ce dimanche 13 septembre, des opérations aéroterrestres « neutralisaient » des assaillants de Dioura, équipés de motos et cachés sous un « couvert végétal », au sud-ouest de la ville, peut-on lire dans un autre communiqué.
Pourtant, la réalité sur le terrain semble différer, plusieurs jours après l’attaque de jeudi. Le camp de l’armée malienne à Dioura est en effet toujours abandonné, selon nos informations.
Le camp militaire de Dioura a été la cible des djihadistes et des rebelles du FLA à plusieurs reprises ces dernières années. Le JNIM y avait notamment revendiqué la mort d’une quarantaine de soldats, en mai 2025.
L’attaque intervient dans un contexte sécuritaire tendu au Mali. Le 18 juillet, au moins 50 autres militaires ont été tués dans une embuscade tendue par la coalition d’indépendantistes touareg et de djihadistes à Anéfis, dans le nord du pays.

